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XIXe siècle

Passer à la postérité : contours et représentations des figures du passé

Journée d'étude jeunes chercheurs Lettres / Histoire / Sciences humaines

Résumé de l'annonce (2 lignes maximum): 
Cette journée d'étude jeunes chercheurs s'intéressera aux figures du passé et privilégiera les approches historiques et littéraires.
JOURNÉE D’ÉTUDE JEUNES CHERCHEURS LETTRES / HISTOIRE / SCIENCES HUMAINES « Passer à la postérité : contours et représentations des figures du passé » Université Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer, Centre universitaire du Musée Mercredi 6 avril 2022 Unité de Recherche sur l’Histoire, les Langues, les Littératures et l’Interculturel (UR 4030 HLLI) Argumentaire Nombreux sont aujourd’hui les médias (presse, télévision, littérature, cinéma, radio, expositions, etc.) qui se consacrent à la biographie de telle figure historique, afin de la faire découvrir au grand public. Leur démarche varie selon le degré de célébrité du personnage, qu’il appartienne à l’histoire locale ou nationale. Preuve qu’il n’est pas rare, lorsqu’il s’agit de présenter un pan de la vie d’une figure du passé, que l’histoire et la littérature proposent des versions divergentes, qui s’enchevêtrent parfois, voire s’interpénètrent. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas l’apanage de notre époque. En effet, pour ne citer que deux exemples placés aux antipodes de l’Histoire, déjà dans l’Antiquité, le rôle de l’historien ne se résumait pas stricto sensu à ce que l’on entend de nos jours par cette profession : l’historien, à bien des titres, était l’équivalent de l’écrivain qui rédige sa version de l’histoire : songeons par exemple à Suétone lorsque, dans la Vie des douze Césars, il se délecte à nous narrer les forfaits perpétrés par Néron et à en accentuer la monstruosité ; l’on peut comparer ces épisodes à la version différente proposée par Tacite. De même, au XIXe siècle, Chateaubriand constatait pour sa part en littérature l’engouement de ses contemporains pour l’histoire : « Tout prend aujourd’hui la forme de l’histoire : théâtre, roman, poésie… » Au point d’ailleurs que les Goncourt définissent l’histoire et le roman l’un par rapport à l’autre : « l’histoire est un roman qui a été, le roman de l’histoire qui aurait pu être ». Par ailleurs, parler de « figures du passé » plutôt que de « personnages » n’est pas un choix anodin ; il résulte de la volonté de garder une neutralité suffisante et de ne pas nous restreindre au fictionnel qu’implique en premier lieu la seconde appellation ; de surcroît, les acceptions pour le terme « figure » sont très riches. En effet, en latin, la figura signifie largement la « configuration », la « forme extérieure » ou encore l’« aspect », l’« apparence physique » d’une personne. Ces sens s’étendent jusqu’à l’« illustration », la « représentation sculptée » et donc les « effigies » et les « statues » qui modélisent de manière figée une personnalité, qui en dessinent les contours extérieurs et qui en laissent une impression. Au delà des contours, et si l’on n’oublie pas toutes les expressions comprenant le mot et faisant appel à l’expression, vraie ou composée, du visage, comme « faire bonne figure », le substantif inclut également tout ce qui constitue un personnage, ce qui le façonne, lorsqu’il « prend figure ». Un personnage devient une figure lorsque l’on peut le citer en guise d’« exemple » ou de « modèle ». Ainsi, si l’on veut pleinement saisir la notion de figure, il faut la considérer dans son ensemble, pour ses actes, pour ce qui l’illustre, pour ce qu’elle a suscité dans nos esprits et pour ce que nous en avons gardé. Pour cette question de la « figure du passé », nous opterons pour la dichotomie suivante. Deux types de figures du passé sont à distinguer : - le premier type est le personnage historique de grande envergure qui a marqué une époque ou qui reste encore présent dans les esprits, tels Vercingétorix, Jeanne d’Arc ou Napoléon ; - le second type s’attache à une histoire plus locale qui s’est répandue au niveau national, tels Gilles de Rais, dit Barbe Bleue, les attaques imputées à la bête du Gévaudan, ou Landru et sa cheminée. Il s’agira donc de nous concentrer sur des figures du passé qui ont marqué les mémoires, si bien qu’elles sont passées à la postérité. Ces dernières peuvent appartenir à l’histoire locale ou nationale. Nous nous proposons donc de nous pencher sur cette thématique sous l’angle suivant : comment l’image d’un personnage bien réel peut elle évoluer au fil de la tradition historique et littéraire ? Axes de recherche Sans exclure pour autant toute approche relevant du champ de l’histoire de l’art ou du domaine de la cinématographie, cette Journée d’Étude centrée sur les figures historiques passées à la postérité, encore célèbres de nos jours ou seulement renommées à une période précise de l’Histoire, privilégiera les approches historiques et littéraires. Sans exclusive, pour le corpus, au préalable, il semble indispensable que l’ensemble des contributions portent sur une figure historique qui a réussi, volontairement par des techniques d’expression ou autre (discours, propagande, embrigadement idéologique, etc.) ou par la force des événements, à atteindre les foules. De surcroît, sans nous borner à la littérature et aux genres historiques, mais sans non plus négliger ces textes, en parallèle des œuvres qui traitent de figures historiques identifiables, il sera utile de confronter les différentes représentations aux travaux des historiens qui ont établi la biographie de telle figure en s’appuyant sur des sources variées incluant des textes littéraires et/ou les médias. Il peut alors être judicieux de travailler sur les préfaces, avant propos, postfaces ou autres documents exprimant les intentions de l’auteur et ses démarches lors du processus d’écriture. Ou encore il peut également être intéressant de confronter des textes à dominante littéraire portant sur la même figure du passé aussi bien écrits par des historiens de profession que par des littéraires ; les auteurs peuvent appartenir à d’autres domaines. Quelques pistes d’exploitation non exhaustives sont proposées pour l’étude : - Comment aborder la figure historique et l’analyser ? Comment son identité a t elle été élaborée et selon quelles motivations ? Quels sont les paramètres qui peuvent influer sur la représentation d’une figure ? Le statut de l’auteur pose t il un problème de légitimité quant à sa manière de traiter d’un personnage historique ? De quelle manière l’auteur justifie t il parfois son choix d’écriture pour restituer la vie d’une figure historique ? Et quelles sont les répercussions notables sur ladite figure ? D’une part, le problème que peut poser cette popularité de la matière historique, et particulièrement la curiosité du grand public pour les personnages historiques, est la question de la légitimité de celui qui s’empare de cette matière. Un journaliste, comme Stéphane Bern qui a popularisé l’histoire en la vulgarisant sans en être pourtant spécialiste, est il moins légitime qu’un Christian Jacq, formé en égyptologie, qui excelle en tant qu’auteur de romans historiques se déroulant en Égypte ancienne, ou qu’un Ken Follett, philosophe de formation et journaliste, qui situe notamment une partie de ses romans à la période médiévale ? D’autre part, cette perspective est doublée d’une seconde approche où c’est ici le document qui est sujet à caution : l’on peut considérer le texte littéraire comme un document historique de seconde main. Si l’on songe entre autres à Alban Gautier et à ses travaux sur le roi Arthur à partir de textes littéraires, ces historiens privilégient leurs capacités d’expertise dans leur domaine respectif pour reconstruire le réel ou bien pour mieux comprendre les us et coutumes d’une époque ou encore pour retracer dans les moindres détails et nuances la vie d’une figure historique, l’imaginaire qu’elle a convoqué et ses différentes représentations selon l’époque. - Comment évaluer l’évolution d’une figure dans le temps ? À quel titre peut on parler de détournement, de dépassement, voire de transfiguration ? Dans ces cas précis, comment la figure peut-elle parfois se démanteler, voire se déconstruire totalement ? Comment alors mesurer le décalage entre la vérité historique de la vie d’un personnage et l’instrumentalisation d’une figure ? Que retient on finalement de cette figure ? Pourquoi certains personnages accèdent ils à la postérité et d’autres sombrent ils dans l’oubli ? Pourquoi d’autres connaissent ils une période de gloire définie et n’ont ils plus la même notoriété de nos jours ? À quel moment la dimension mémorielle intervient elle (aspect politique, acteur d’une période, la censure, etc.) ? Une reconfiguration de l’histoire est elle nécessaire pour pérenniser une figure ou les aspects purement historiques peuvent ils suffire ? Ou à l’inverse existe t il des figures historiques, bien que plébiscitées, que l’on a choisi volontairement de faire oublier, mais qui ne disparaissent pas et qui restent des symboles ? Pour quelles raisons ? Nous évaluerons ainsi de quelles manières les auteurs intègrent et exploitent ces figures dans leurs œuvres. Dans son ouvrage Le Roman historique, Isabelle Durand Le Guern liste plusieurs démarches. La première est celle du père du genre du roman historique, Walter Scott, qui la pratique notamment dans son Ivanhoé ; ce dernier utilise le personnage historique comme une figure d’arrière plan : dans ce cas ce personnage aura des contacts limités avec les personnages de fiction. La deuxième option consiste à utiliser un personnage historique dont la trajectoire de vie est peu connue et dont la biographie recèle des lacunes que l’auteur peut combler. Cette conception est notamment reprise par Alejo Carpentier pour le Siècle des Lumières. Si l’on poursuit son idée, un personnage de l’envergure d’un Napoléon ne peut, de toute manière, convenir à l’invention : « […] je doute qu’on puisse faire un grand roman avec un personnage central de type Napoléon, ou du type de Robespierre, ou de n’importe quel personnage dont la trajectoire soit connue dans son entier. Ces personnages tuent le roman ou le transforment en biographie romancée ». Néanmoins, cet avis n’est pas partagé par des auteurs comme Alfred de Vigny qui choisissent au contraire de Walter Scott de placer au premier plan les grandes figures historiques : « Je crus aussi ne pas devoir imiter les étrangers qui, dans leurs tableaux, montrent à peine à l’horizon les hommes dominants de leur histoire ; je plaçai les nôtres sur le devant de la scène, je les fis principaux acteurs de cette tragédie ». Cependant cette manière d’opérer contient un écueil qui est de faire d’une de ces grandes figures un stéréotype et de s’éloigner de plus en plus de la vérité historique pour favoriser l’esthétique. Fait dont est parfaitement conscient, du reste, Vigny qui le revendique même : « L’art ne doit jamais être considéré que dans ses rapports avec sa beauté idéale. Il faut le dire, ce qu’il y a de vrai n’est que secondaire ; c’est seulement une illusion de plus dont il s’embellit, un de nos penchants qu’il caresse. Il pourrait s’en passer, car la vérité dont il doit se nourrir est la vérité d’observation sur la nature humaine, et non l’authenticité du fait. Les noms des personnages ne font rien à la chose ». Pourtant ce choix peut aussi instaurer un jeu entre l’auteur et son public, dans lequel le premier peut déjouer les attentes du second, en ne s’appesantissant pas sur les faits indissolubles de la personnalité historique choisie mais en s’intéressant davantage à sa nature humaine. On trouve cette démarche sous la plume de Prosper Mérimée dans sa Chronique de Charles IX au moment du portrait du monarque « Au reste, on ne lit pas écrit dans ses yeux : SAINT BARTHÉLÉMY, ni rien de semblable ». Autant de perspectives qui s’offrent aux auteurs pour exploiter le personnage historique, chacun leur trouvant des qualités et des défauts, et qui démontrent ainsi l’intérêt de sonder des figures historiques ainsi que d’étudier leur évolution au fil de la tradition historique et littéraire pour mieux comprendre les ressorts qui les ont fait passer à la postérité. Ce ne sont que quelques pistes d’approches pour aborder cette thématique ; d’autres perspectives peuvent être envisagées, si elles sont complémentaires, et peuvent venir à l’appui de ces réflexions. Comité scientifique Jean DEVAUX, Professeur à l’ULCO, Littérature française du Moyen Âge et de la Renaissance Xavier ESCUDERO, Professeur à l’ULCO, Études hispaniques Jean Louis PODVIN, Professeur à l’ULCO, Histoire ancienne, Directeur de l’UR HLLI Modalités de soumission Pour cette Journée d’Étude, nous prendrons uniquement en considération les propositions de jeunes chercheurs (doctorants et jeunes post doctorants). Dans une perspective pluridisciplinaire, nous souhaiterions croiser les regards de littéraires et d’historiens sur cette thématique. Les spécialistes d’autres disciplines d’arts ou de sciences humaines ou de sciences du langage peuvent bien entendu proposer des communications pour cette journée si elles éclairent l’un des points mentionnés ci dessus. Les interventions seront limitées à 25 minutes. Les propositions de communications se présenteront sous la forme d’un résumé d’une dizaine de lignes précédé d’un titre provisoire. Elles seront suivies d’un bref curriculum vitae. Ces propositions sont à soumettre par mail sous un format lisible (Word, OpenOffice, PDF) aux organisatrices Grace Baillet, Virginie Picot et Cécile Rault avant le 25 novembre 2021 aux adresses mail suivantes : ulcogracebaillet@gmail.com ulcovirginie@gmail.com cecile-rault@laposte.net Une réponse individuelle sera communiquée par mail. Pour toute information pratique supplémentaire concernant la journée d’étude, merci d’écrire aux mêmes adresses. Il est à noter que l’Unité de Recherche HLLI ne pourra pas prendre en charge les frais de déplacement.
Nom du contact: 
Baillet Grace
Courriel du contact: 
ulcogracebaillet@gmail.com
Adresse postale: 
Université du Littoral Côte d'Opale, Centre universitaire du Musée, 34 Grande Rue 62200 Boulogne-sur-Mer
Suggéré par: 
Baillet Grace
Courriel: 
ulcogracebaillet@gmail.com
ulcovirginie@gmail.com
cecile-rault@laposte.net
Date de début ou date limite de l'événement: 
25/11/2022
Ville de l'événement: 
Boulogne-sur-Mer (France)
Type d'événement: 
Appels à contribution
Catégorie principale: 
Mots-clés: 
figures du passé, postérité, mémoire, représentations, transfigurations, biographie, authenticité, littératures, histoire locale, histoire nationale

Amérique(s) poétique(s) entre Ancien et Nouveau Monde. L’espace américain comme nouveau territoire de la fiction de Fontenelle à Chateaubriand

Contenu de l'annonce: 

Ce volume se propose d'interroger la manière dont la littérature de fiction, en France, intègre le paradigme américain de la fin du XVIIe siècle au début du XIXe (de Fontenelle à Chateaubriand), moment de l’histoire littéraire où l’Homme et la foi dans le progrès font l’objet d’un questionnement...

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Catégorie principale: 
Suggéré par: 
Pierino Gallo
Courriel: 
pgallo@unime.it
ISBN: 
978-2-84516-988-3
Collection: 
Révolutions et Romantismes
Anonyme
Éditeur: 
Presses Universitaires Blaise Pascal
Lieu de parution: 
Clermont-Ferrand
Date de parution: 
Jeudi, Septembre 9, 2021
Date de mise en ligne: 
Jeudi, Septembre 9, 2021
URL: 
https://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100129760&fa=details
Langue: 
Français
Mots-clés: 
littérature, fiction, théâtre, Amériques, altérité, philosophie, Ancien Monde, Nouveau Monde
Site web de référence: 
http://pubp.univ-bpclermont.fr/public/Accueil.php

The Balzac Review/Revue Balzac

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The Balzac Review/Revue Balzac, "L'édition/Publishing", n° 4-2021, sous la direction d'Andrea Del Lungo et Takayuki Kamada, Paris, Classiques Garnier.
Direction de la revue: Francesco Spandri

Le numéro propose d’interroger les enjeux éditoriaux de l’œuvre balzacienne dans leur...

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Mots-clés: 
annotation, complétude, compréhensibilité, génétique, numérisation, répertoire, variation, commerce, banque, stylistique
Sous-catégories: 
ISSN format papier: 
2646-2044
Titre du numéro: 
L'édition/Publishing
Catégorie principale: 
Courriel: 
francesco.spandri@uniroma3.it
Directeur(s) scientifique(s): 
Andrea Del Lungo et Takayuki Kamada
Éditeur: 
Classiques Garnier
Date de parution: 
Mercredi, Juillet 28, 2021
Lieu de parution: 
Paris
Suggéré par: 
Francesco Spandri

"Revue Flaubert"

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Référence bibliographique : Revue Flaubert, n° 19, 2021, "Flaubert, le Dictionnaire et les dictionnaires", Centre Flaubert, Université de Rouen, 2021. EAN13 : 21043345.
En ligne: https://flaubert.univ-rouen.fr/revue/sommaire...

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Mots-clés: 
Flaubert, dictionnaire, Dictionnaire des idées reçues
Sous-catégories: 
ISSN format électronique: 
21043345
Titre du numéro: 
"Flaubert, le Dictionnaire et les dictionnaires"
Catégorie principale: 
Courriel: 
biagio.magaudda@gmail.com
Directeur(s) scientifique(s): 
Biagio Magaudda
Éditeur: 
Université de Rouen - Centre Flaubert
Langue: 
Date de mise en ligne: 
Lundi, Août 30, 2021
Date de parution: 
Lundi, Août 30, 2021
Lieu de parution: 
Rouen
Suggéré par: 
Biagio Magaudda

Adaptation/L'adaptation

Résumé de l'annonce (2 lignes maximum): 
"The Balzac Review/Revue Balzac", n° 6-2023 (edited by Andrew Watts/sous la direction d'Andrew Watts) - Varia
Balzac’s work has been a rich and recurring source of inspiration for adaptors since the author’s own lifetime. From the earliest, unauthorised theatrical adaptations through to silent and sound films, radio plays, graphic novels and, most recently, online fan fiction, Balzac continues to be reimagined across a wide spectrum of media. Scholars have by no means been indifferent to this ever-expanding corpus of material, as evidenced most notably by the work of Anne-Marie Baron in "Balzac cinéaste" (1990) and "Balzac à l’écran" (2019). However, research in this area has focused primarily on film and television at the expense of other media and the often innovative ways in which they have engaged with Balzac’s output. Moreover, while Adaptation Studies is an increasingly vibrant discipline, adaptation continues to be derided in some quarters as the poor relation of serious academic scholarship. As Robert Stam and Alessandra Raengo observe, the ‘conventional language of adaptation criticism has often been profoundly moralistic, rich in terms that imply that cinema has somehow done a disservice to literature’. This issue of the "Balzac Review/Revue Balzac" challenges and disrupts this kind of outmoded prejudice. Adopting a multimedia approach to the study of Balzac adaptations from the nineteenth century to the present day, it argues that adaptation as an artistic practice is fundamental to our understanding both of the novelist’s work and his status as a canonical author. This issue will encompass several key strands of discussion, including, but not limited to, the following: 1. Adaptation and history: Recreations of Balzac’s work do not exist in a temporal vacuum, but – like "La Comédie humaine" itself – are shaped by the forces of history. In what ways have approaches to adapting Balzac changed and evolved over time? How has adaptive interest in Balzac been driven by and/or responded to history? To what extent have different genres and movements in the history of artistic practice (e.g. New Wave cinema in the 1950s and 60s) influenced the adaptation of Balzac texts? 2. Adaptations and sources: Building on the discussion of adaptation and history, the next part of this issue focuses on the relationship between adaptations of Balzac and their source material. As Kate Griffiths has shown, adaptations are not derived exclusively from a single, literary source. The drivers of the adaptive process are instead multiple, encompassing social, cultural, and economic imperatives. Furthermore, adaptations combine and articulate myriad voices – those of the source author and adaptor, of course, but also of the actors, directors, producers, and technicians who bring the work to fruition. In what ways can this interweaving of sources be applied to adaptations of Balzac? How have reimaginings of his work addressed the multiple, shifting, and sometimes contradictory voices inherent in his own authorial personality? And what do these adaptations reveal about his ability to synthesise sources as diverse as everyday life, politics, and the worlds of literature and the theatre? 3. Adaptation and theory: Adaptation Studies has often borrowed theories from elsewhere, and in particular from key literary concepts such as intertextuality. Some of the most recent research in the discipline has nevertheless begun to provide adaptation with its own theoretical framework. In particular, Kamilla Elliott’s "Theorizing Adaptation" (2020) argues that adaptations should be considered as adaptations, and that we should not attempt to force them into theoretical costumes that do not fit. Contributions under this heading will explore the often problematic relationship between theory and Balzac adaptations. Are the theoretical lenses provided by Barthes, Derrida, and Genette, amongst others, still valuable for reading these adaptations as well as their source texts? Might we continue to look towards other disciplines outside the humanities – such as psychology and neuroscience – in order to study these adapted works? Or, following Elliott’s example, can adaptations of Balzac be theorised and understood as adaptations? 4. Cross-cultural adaptation: Adaptations of Balzac continue to transcend national and cultural boundaries. How has the novelist’s work been reinterpreted for audiences outside of France? To what extent have adaptations produced in different cultural contexts – including Europe, the United States, and South-East Asia – informed, consolidated, or even fragmented Balzac’s reputation as a canonical writer? What is the relationship between adaptation and Balzac’s status as an icon of world – as well as French – literature? 5. Adaptation beyond the screen: While film and television have adapted Balzac on numerous occasions, artists in other media have drawn significant inspiration from his writing. Articles under this heading will explore these neglected and under-discussed media. Notably, they will ask how specific media can help to cast fresh light on Balzac’s work, as in the case of radio and its capacity to highlight the key role of sound, voice, and indeed silence in the source texts. Equally, contributors will examine the way in which new and emerging media have brought Balzac adaptations into the digital age. References to Balzac recur frequently in Internet fan fiction, from historical romances to ambitious "mash-ups" which blend material from sources including "Star Wars" and "Harry Potter". What can these adaptations tell us about the way in which Balzac is perceived and understood in the twenty-first century? And in what ways can they be seen to re-energise Balzac’s appeal to a popular – rather than purely academic – readership? Proposals for articles should be sent by 31st October 2021 to the following addresses: a.j.watts.2@bham.ac.uk and thebalzacreview@gmail.com (thematic dossier) thebalzacreview@gmail.com (Varia) Articles in their final version (35.000 characters maximum, spaces included) are to be sent by 1st September 2022. They should be accompanied by a summary in French (500 characters maximum, spaces included) and 5 keywords. The Balzac Review/Revue Balzac, n° 6/2023 L’œuvre de Balzac a été une sourc d’inspiration riche et récurrente pour les adaptateurs, du vivant même de l’auteur. Des premières adaptations théâtrales non autorisées en passant par les films muets et sonores, les pièces radiophoniques, les romans graphiques et, plus récemment, la fanfiction en ligne, Balzac continue d’être réinventé dans un large spectre de médias. Les chercheurs n’ont nullement été indifférents à ce corpus de matériau en constante expansion, comme en témoignent notamment les travaux d’Anne-Marie Baron dans "Balzac cinéaste" (1990) et "Balzac à l’écran" (2019). Cependant, la recherche dans ce domaine s’est principalement concentrée sur le cinéma et la télévision au détriment de procédés souvent innovants engagés dans la production de Balzac. De plus, alors que les études d’adaptation sont une discipline de plus en plus dynamique, l’adaptation continue d’être considérée dans certains milieux comme le parent pauvre des études universitaires sérieuses. Comme l’observent Robert Stam et Alessandra Raengo, le « langage conventionnel de la critique de l’adaptation a souvent été profondément moraliste, riche en termes qui impliquent que le cinéma a en quelque sorte rendu un mauvais service à la littérature » (notre traduction). Ce numéro de la "Balzac Review/Revue Balzac" remet en cause et en question ce genre de préjugés dépassés. En adoptant une approche multimédia de l’étude des adaptations de Balzac du XIXe siècle à nos jours, il soutient que l’adaptation, en tant que pratique artistique, est fondamentale pour notre compréhension aussi bien de l’œuvre du romancier que de son statut d’auteur canonique. Ce numéro comprendra plusieurs axes majeurs de discussion, notamment – mais sans s’y limiter – les suivants : 1. Adaptation et histoire : les re-créations de l’œuvre de Balzac n'existent pas dans un vide temporel, mais – tout comme "La Comédie humaine" elle-même – sont façonnées par les forces de l’histoire. De quelles façons les approches de l’adaptation de Balzac ont-elles changé et évolué au fil du temps ? Comment l’intérêt pour l’adaptation de Balzac a-t-il été guidé par et/ou a réagi à l’histoire ? Dans quelle mesure les différents styles et mouvements de l'histoire de la pratique artistique (par exemple le cinéma de la Nouvelle Vague dans les années 1950 et 1960) ont-ils influencé l'adaptation des textes de Balzac ? 2. Adaptations et sources : dans le prolongement de la discussion sur l’adaptation et l’histoire, les contributions pourront porter sur la relation entre les adaptations de Balzac et leur document source. Comme l’a montré Kate Griffiths, les adaptations ne proviennent pas exclusivement d’une seule source littéraire. Les vecteurs du processus d’adaptation sont au contraire multiples, englobant des impératifs sociaux, culturels et économiques. De plus, les adaptations combinent et articulent une myriade de voix – celles de l’auteur du texte original et de l’adaptateur, bien sûr, mais aussi celles des acteurs, des réalisateurs, des producteurs et des techniciens qui portent l’œuvre à son terme. De quelles façons cet entrelacement de sources s’applique aux adaptations de Balzac ? Comment les réinventions de son œuvre se sont-elles adressées aux voix multiples, changeantes et parfois contradictoires inhérentes à sa propre personnalité d’auteur ? Et que révèlent ces adaptations sur sa capacité à synthétiser des sources aussi diverses que la vie quotidienne, la politique ou les mondes de la littérature et du théâtre ? 3. Adaptation et théorie : les études d’adaptation ont souvent emprunté des théories venues d’ailleurs, et en particulier de concepts littéraires clés comme l’intertextualité. Des recherches plus récentes de cette discipline ont néanmoins commencé à doter l’adaptation de son propre cadre théorique. En particulier, "Theorizing Adaptation" (2020), de Kamilla Elliott, soutient que les adaptations doivent être considérées comme des œuvres en tant que telles, et que nous ne devrions pas tenter de les faire entrer de force dans des costumes théoriques qui ne leur vont pas. Les contributions qui souhaiteront s’inscrire dans cet axe exploreront la relation souvent problématique entre la théorie et les adaptations de Balzac. Les outils théoriques fournis notamment par Barthes, Derrida et Genette sont-ils toujours valides pour lire ces adaptations ainsi que leurs textes sources ? Devrions-nous continuer à nous tourner vers d’autres disciplines hors des sciences humaines – telles que la psychologie et les neurosciences – pour étudier ces œuvres adaptées ? Ou bien, en suivant l’exemple de Kamilla Elliott, les adaptations de Balzac peuvent-elles être théorisées et comprises comme des ouvrages en tant que tels ? 4. Adaptation interculturelle : les adaptations de Balzac continuent de transcender les frontières nationales et culturelles. Comment l’œuvre du romancier a-t-elle été réinterprétée pour des publics en dehors de la France ? Dans quelle mesure les adaptations produites dans différents contextes culturels – dont l’Europe, les États-Unis et l’Asie du Sud-Est – ont-elles informé, consolidé ou même sapé la réputation de Balzac en tant qu’auteur canonique ? Quelle est la relation entre l'adaptation et le statut de Balzac comme icône de la littérature mondiale – et française ? 5. L’adaptation par-delà l’écran : si le cinéma et la télévision ont adapté Balzac en de nombreuses occasions, les artistes d’autres médias se sont largement inspirés de ses écrits. Les articles qui s’insèrent dans cet axe exploreront ces médias négligés et peu évoqués. Ils interrogeront notamment la manière dont des médias spécifiques peuvent contribuer à jeter une lumière nouvelle sur l’œuvre de Balzac, comme dans le cas de la radio et de son aptitude à souligner le rôle clé du son, de la voix et même du silence dans les textes sources. De même, les contributeurs examineront la façon dont des médias nouveaux et émergents ont fait entrer les adaptations de Balzac dans l’ère du numérique. Les références à Balzac reviennent fréquemment dans les fanfictions sur Internet, qu’il s'agisse de romans historiques ou d’ambitieux "mash-ups" mixant des éléments provenant de sources comme "Star Wars" et "Harry Potter". Que nous apprennent ces adaptations sur la façon dont Balzac est perçu et compris au XXIe siècle ? Et en quoi peuvent-elles être considérées comme un moyen de redynamiser l’attrait de Balzac auprès d’un lectorat populaire – plutôt que purement académique ? Les propositions devront être envoyées avant le 31 octobre 2021 aux adresses suivantes : a.j.watts.2@bham.ac.uk et thebalzacreview@gmail.com (dossier thématique) thebalzacreview@gmail.com (Varia) Les articles dans leur version définitive (35.000 signes maximum, espaces compris) seront à envoyer avant le 1er septembre 2022. Ils devront être accompagnés d’un résumé en français (500 signes maximum, espaces compris) et de 5 mots-clés.
Nom du contact: 
Francesco Spandri
Courriel du contact: 
francesco.spandri@uniroma3.it
Suggéré par: 
Francesco Spandri
Courriel: 
francesco.spandri@uniroma3.it
Date de début ou date limite de l'événement: 
31/10/2021
Ville de l'événement: 
Paris
Type d'événement: 
Appels à contribution
Catégorie principale: 
Sous-catégorie: 

Alexandre Dumas. Alla lente della caricatura nella Napoli unitaria

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Il celeberrimo scrittore francese non sfugge alla nuova mania della cronaca bozzettistica italiana e napoletana negli anni della sua garibaldina impresa giornalistica. Una saporita biografia per immagini dell'autore del Conte di Montecristo.

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Catégorie principale: 
Sous-catégories: 
Suggéré par: 
Alvio Patierno
Courriel: 
alviopat@libero.it
ISBN: 
9788899716615
Collection: 
VARIA 15
Anonyme
Éditeur: 
Colonnese
Lieu de parution: 
napoli
Date de parution: 
Vendredi, Août 6, 2021
Date de mise en ligne: 
Vendredi, Juillet 2, 2021
Mots-clés: 
Dumas, caricatura, Napoli

Cahiers de Lexicologie

Contenu de l'annonce: 

Grâce à des parcours de terminologie diachronique, il est possible de mettre en valeur l’histoire des sens de certains termes et la densité de leurs implications culturelles dans la perspective de l’histoire des langues et des cultures. Sens et textes, histoire et modernité : la dénomination des...

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Mots-clés: 
terminologie, terminologie diachronique, linguistique diachronique, néologie, langages spécialisés
ISSN format papier: 
0007-9871
ISSN format électronique: 
10.48611/isbn.978-2-406-12006-3
Titre du numéro: 
Terminologie diachronique : méthodologies et études de cas
Catégorie principale: 
Courriel: 
mariateresa.zanola@unicatt.it
Directeur(s) scientifique(s): 
Maria Teresa Zanola
Éditeur: 
Classiques Garnier
Langue: 
Date de mise en ligne: 
Samedi, Juin 12, 2021
Date de parution: 
Samedi, Juin 12, 2021
Lieu de parution: 
Paris
Suggéré par: 
Maria Teresa Zanola

Dumas, i briganti e l’unificazione italiana / Dumas, les brigands et l’unification italienne

Résumé de l'annonce (2 lignes maximum): 
Séminaire international pour le 150e anniversaire de la mort d'Alexandre Dumas
Pour célébrer le cent-cinquantenaire de la mort d’Alexandre Dumas, l'Université de Salerne en partenariat avec l’Association des Amis d’Alexandre Dumas organise une demi-journée d'études sur les rapports entre le romancier qui suivit Garibaldi dans son expédition des Mille, et le Risorgimento. Des littéraires et des historiens se penchent sur la représentation dumasienne du brigand ainsi que sur son évolution par rapport au phénomène du brigandage italien. DUMAS, I BRIGANTI E L’UNIFICAZIONE ITALIANA 3 giugno / 3 juin 2021 - Archivio di Stato di Salerno 15.00: Saluti istituzionali / Mot de bienvenue Laurent Burin des Roziers (Console Generale di Francia a Napoli) Fernanda Maria Volpe (Direttrice dell’Archivio di Stato di Salerno) Rosa Maria Grillo (Direttrice del Dipartimento di Studi Umanistici, Università di Salerno) 15.15: Inaugurazione della mostra «Dumas, l’Italia nel cuore» Jocelyn Fiorina (Société des Amis d’Alexandre Dumas) 15.30: Presiede / Présidence: Agnese Silvestri (Università di Salerno) Claude Schopp (Université Sorbonne Nouvelle), Alexandre Dumas et le brigandage: le brigand, comme anti-héros Julie Anselmini (Université de Caen Normandie) : Portrait(s) du surhomme dumasien en bandit Discussione 16.30: Presiede / Présidence: Giulio Tatasciore (Università di Salerno) Francesco Benigno (Scuola Normale Superiore, Pisa), La camorra nel dibattito pubblico napoletano dopo Aspromonte Carmine Pinto (Università di Salerno), Alexandre Dumas e il Risorgimento italiano Discussione/Discussion Responsabili scientifici / Responsables scientifiques Agnese Silvestri (Università di Salerno) Giulio Tatasciore (Università di Salerno) LIEN DE CONNEXION DISPONIBLE DANS LE FICHIER PDF
Nom du contact: 
Agnese Silvestri
Courriel du contact: 
asilvestri@unisa.it
Adresse postale: 
via colle degli ulivi, 12
Suggéré par: 
Agnese Silvestri
Courriel: 
asilvestri@unisa.it
Date de début ou date limite de l'événement: 
03/06/2021
Ville de l'événement: 
Salerno
Type d'événement: 
Séminaires et conférences
Catégorie principale: 
Mots-clés: 
Dumas - brigandage - Risorgimento - représentation du brigand

La biodiversité - Enjeux littéraires, stylistiques, historiques

Résumé de l'annonce (2 lignes maximum): 
Journée d'études organisée par le "Dipartimento di Scienze Linguistiche e Letterature straniere", Università Cattolica del S. Cuore & l'Université de Perpignan via Domitia, laboratoire CRESEM.
9h Salutations des autorités 9h15 Présentation de la Journée d’études Davide Vago (Università Cattolica di Milano) & Bénédicte Meillon (Université de Perpignan Via Domitia) 9h45 – 10h30 Première partie. Modératrice : Bénédicte Meillon - Daniel Finch-Race (Università Ca’ Foscari di Venezia), Les oiseaux en tant que bio-indicateurs dans Les Fleurs du Mal et The Waste Land Discussion 10h30-10h45 Petite pause 10h45-12h15 Deuxième partie. Modératrice : Bénédicte Meillon - Pascale Amiot (Université de Perpignan Via Domitia), Écopoétique de la biodiversité dans la poésie de Seamus Heaney : vers une écopoéthique du vivant - Elisa Bolchi (Università degli Studi di Ferrara), A Master, a Poet and Two Dogs. Canine Perspectives in Italo Svevo’s Argo e il suo padrone and Virginia Woolf’s Flush, a Biography Discussion 12h15-14h Pause 14h-15h « Le chant des lisières ». Anne Sibran, autrice invitée en dialogue avec Bénédicte Meillon (Université de Perpignan Via Domitia) 15h-16h30 Troisième partie. Modérateur : Davide Vago - Federica Locatelli (Université de la Vallée d’Aoste), À la recherche de la (bio)diversité : les voyages de Théophile Gautier - Alain Romestaing (Université Paris Descartes), Biodiversité de l’univers gionien Discussion 16h30-16h45 Petite Pause 16h45-18h Quatrième partie. Modérateur : Alain Romestaing - Marinella Termite (Università degli Studi di Bari), L’insoupçonnable « biodiversel » de Tanguy Viel - Sibylle Orlandi (Université de Nantes), De la rêverie atomiste à la poésie « in vivo » : textes et organismes à l’ère de la biotechnologie Discussion Clôture de la journée : Davide Vago & Bénédicte Meillon
Nom du contact: 
Davide Vago
Courriel du contact: 
info.biodiversite@unicatt.it
Suggéré par: 
Davide Vago
Courriel: 
davide.vago@unicatt.it
Date de début ou date limite de l'événement: 
15/06/2021
Ville de l'événement: 
En ligne (Teams)
Type d'événement: 
Colloques
Catégorie principale: 
Mots-clés: 
écopoétique

Figurations de l’impuissance. Échec et création littéraire du XIXe au XXIe siècle

Résumé de l'annonce (2 lignes maximum): 
Colloque - décembre 2021
Colloque International | UNIVERSITÉ DE CHIETI-PESCARA (Italie) Dipartimento di Lingue, Letterature e Culture Moderne Figurations de l’impuissance. Échec et création littéraire du XIXe au XXIe siècle Pescara | 1er – 2 décembre 2021 Appel à communications Au début du XIXe siècle, la littérature française entre en régime vocationnel en associant le concept d’impuissance à l’affirmation de l’homme dans la société et au statut de l’écrivain, tiraillé entre la recherche de sa singularité et le besoin de légitimité littéraire, qu’accompagne en outre son rapport difficile à la création. Si le XVIIIe siècle décrète la fin de l’écrivain heureux, l’individu, obligé de repenser sa position vis-à-vis du réel face aux bouleversements historiques, économiques et sociaux engendrés par la Révolution, devient un objet littéraire où se condense notamment une interrogation sur le devenir de l’homme. Celui-ci se voit menacé d’une impuissance sociale, morale ou psychologique engendrée par les forces désagrégeantes de l’Histoire, par la fragmentation, la fugacité et la dissolution qui sous-tendent la modernité. Cette problématisation traverse l’ensemble de la littérature française du Romantisme à nos jours. La tragédie de l’impuissance humaine, déclinée sous ses multiples variations, est devenue un thème consubstantiel à la production littéraire, qu’elle soit le miroir des fragilités du héros, une analyse des raisons de son inaction, de l’incapacité d’aimer ou de sentir, qu’elle traduise son inadéquation sociale, sa marginalité vis-à-vis du monde ou son malaise à accepter les revers de l’Histoire, ou qu’elle mette au jour les difficultés que pose le changement de paradigme auquel l’individu se trouve confronté. En amont, elle traduit l’écart insurmontable qui s’insinue entre le projet et sa réalisation, la paralysie qui s’empare de la pensée en l’empêchant de s’objectiver, le désarroi de la subjectivité toujours plus attachée à son ipséité mais incapable de la prendre en charge au sein de la société. L’impuissance en arrive alors à devenir une composante de la posture de l’homme moderne, l’assimilation implicite de la part de ce dernier des contradictions qui structurent le monde et de l’embarras qu’il éprouve face à sa complexité. Cette impuissance est aussi celle que peut éprouver l’artiste et qu’on considère, depuis Balzac, comme l’écueil contre lequel peut se heurter toute création. Hanté par le fantasme de sa propre impuissance, l’écrivain la projette dans son alter ego fictionnel. Le roman de l’artiste, qui se constitue comme genre au XIXe siècle à travers le roman du peintre, le roman de l’écrivain, qui au XXe siècle introduit une dimension métalittéraire à travers la mise en abyme ou l’annexion des formes d’écriture les plus disparates, mettent en scène les aléas et les ratages de la création, tout en dévoilant les mécanismes qui y président et le mystère qu’elle renferme. L’écrivain fait de son œuvre le lieu de recherche d’un positionnement, se modélise en affichant la difficulté de toute entreprise artistique, répond à la désacralisation de l’art en transformant sa vulnérabilité potentielle en puissance créatrice. L’impuissance à créer, souvent liée à l’absoluité que la modernité a attribuée à la création littéraire, alimente alors l’œuvre. L’obsession de la page blanche, les tourments stylistiques, les limites de la mimésis, le rapport problématique vis-à-vis du canon ou de l’horizon d’attente, qui peuvent accompagner le processus créatif, se font alors tangibles. Les œuvres incomplètes, les ouvrages constamment remaniés, ceux qui se structurent dans les interstices de l’intentionnalité créatrice et dans les revers de la réalisation, projettent sur le plan de la temporalité et de l’inachèvement une impuissance parfois difficile à assumer mais non moins féconde. Le colloque se propose d’analyser la manière dont une partie de la littérature française, entre le XIXe et le XXIe siècle, se construit à partir de l’énoncé de ses limites et de celles de l’homme face au réel et à l’histoire, afin de dessiner le paradigme de l’impuissance propre à la modernité et à la contemporanéité. Il s’agira d’illustrer le dynamisme littéraire que les différentes formes d’impuissance produisent, de réfléchir sur le sens qu’elles revêtent dans l’imaginaire moderne et contemporain, et de comprendre la fonction qu’elles contribuent à assigner à la littérature. Les communications pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants, sans pour autant y être limitées, et recourir à une approche interdisciplinaire :  la représentation de l’échec humain comme objet littéraire, sa déclinaison historique et son sens culturel ;  le système rhétorique, les formes et les genres que privilégie la représentation de l’impuissance ;  les déconvenues de la dynamique créative et sa mise en texte ;  l’impuissance comme inachèvement et les avatars de la genèse ;  les périls de l’expérimentation et la légitimation littéraire: écart, avant-gardisme, singularité ;  l’impossibilité et/ou le refus de la mimésis. Les propositions de communication (titre et résumé: 500 mots maximum), accompagnées d’une brève biobibliographie de l’auteur (200 mots maximum) sont à adresser avant le 20 juin 2021 à federica.dascenzo@unich.it. La notification de l’acceptation sera communiquée le 5 juillet au plus tard. Les communications devront avoir une durée de 20 minutes environ. Le colloque se déroulera le 1er et 2 décembre 2021 à l’Université « G. d’Annunzio » de Pescara. Les actes du colloque feront l’objet d’une publication. Langue du colloque | français Comité scientifique Federica D’Ascenzo (Université de Chieti-Pescara) Patrizia Oppici (Université de Macerata) Elisa Bricco (Université de Gênes) Valeria Sperti (Université Federico II de Naples) Éléonore Reverzy (Université Paris III-Sorbonne Nouvelle) Guy Ducrey (Université de Strasbourg) Michela Gardini (Université de Bergame) Fabrizio Impellizzeri (Université de Catane)
Nom du contact: 
Federica D'ASCENZO
Courriel du contact: 
federica.dascenzo@unich.it
Suggéré par: 
Federica D'ASCENZO
Courriel: 
federica.dascenzo@unich.it
Date de début ou date limite de l'événement: 
20/06/2021
Ville de l'événement: 
Pescara
Type d'événement: 
Appels à contribution
Catégorie principale: 
Mots-clés: 
Impuissance, échec, création littéraire, XIXe, XXe, XXIe siècles

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