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XXIe siècle

Repenser la domination littéraire des littératures africaines

Résumé de l'annonce: 
Appel à contribution pour HeLix, volume 6 (2012) sur le thème "Repenser la domination littéraire des littératures africaines".
Selon Pascale Casanova, sociologue de littérature, l’universalisme littéraire français est un facteur influent qui s’exerce sur l’ensemble du processus de production des littératures qui dépendent structurellement de la capitale littéraire parisienne. Casanova soutient que « [p]our accéder à la reconnaissance littéraire, les écrivains dominés doivent […] se plier aux normes décrétées universelles par ceux-là mêmes qui ont le monopole de l’universel. Et surtout trouver la ‘bonne distance’ qui les rendra visibles » (Casanova 1999: 218). Or, cette normativité esthétique qui découle du rapport de domination entre centre et périphérie et qui s’exerce indirectement et directement sur les textes d’auteurs et d’auteures francophones et notamment africain(e)s fait encore rarement l’objet d’études approfondies. Au contraire, force est de constater que l’universalisme, la croyance en une littérature pure, apparemment désintéressée et indépendante de facteurs socio-économiques et politiques, sous-tend aussi une tradition d’études littéraire française vouée à l’interprétation de texte dans des catégories dépouillées de toute référence historique. Tandis que les théories postcoloniales de provenance anglo-saxonne ont en partage l’engagement de dévoiler la continuité des rapports de domination hérités de l’époque coloniale, en France, pour des raisons diverses, les théories postcoloniales n’ont pénétré le champ d’études littéraire que tardivement, où elles se heurtent notamment à la tradition universaliste. Ce conflit de traditions de pensée explique d’ailleurs, en partie, l’usage parfois réactionnaire qui en est fait en contexte francophone. S’il est sans aucun doute vrai que l’application des théories postcoloniales anglo-saxonnes ne va pas de soi dans le cadre de la francophonie qui obéit à des lois tout à fait distinctes, il faut néanmoins reconnaître que les possibilités de soumettre l’organisation du champ littéraire francophone africain à une critique postcoloniale matérialiste (telle qu’elle est projetée par Graham Huggan et Sarah Brouillette par exemple) n’ont pas été épuisées jusqu’à ce jour.        Dans le domaine de la recherche postcoloniale féministe, l’intersectionnalité (voir Kimberlé Crenshaw et Kathy Davis par exemple) partage en partie les prémisses de la théorie postcoloniale matérialiste. En effet, l’intersectionnalité rend compte de la répression naturalisée basée sur différents facteurs qui influencent l’identité sociale (« race », genre, classe sociale, âge, santé, orientation sexuelle, etc.) qui s’accumulent et interagissent dans les enjeux liés au pouvoir. Les chercheuses féministes contemporaines d’origine afro-américaines (pour la plupart des cas) soulignent les différences entre les femmes, notamment, l’aspect particulier de la domination des women of colour. La domination intersectionelle est cependant souvent négligée dans les théories occidentales « blanches ». Les études de Life Writing (voir Joseph Janangelo) explorent de nouvelles pistes au sein de la recherche autobiographique contemporaine aussi bien au niveau des formes (blogs par exemple) que du contenu. Ces branches d’études ont en commun d’étudier le vécu comme fondement et comme outil de revendication des droits des femmes.        C’est dans cet objectif commun qui est donc celui de comprendre les conditions matérielles (sociales, économiques, politiques et historiques) de la possibilité des littératures africaines dans le champ littéraire français, que les théories postcoloniales matérialistes recouvrent l’ambition d’une tradition de sociologie littéraire initiée par Pierre Bourdieu et transformée en une théorie de la domination littéraire par Casanova. Nous proposons donc ici de croiser la réflexion sociologique sur les conditions matérielles de la production, la diffusion et la réception des littératures africaines avec une approche postcoloniale de critique matérialiste sensible aux multiples rapports d’inégalités qui structurent un champ littéraire à présent globalisé. Considérant que la normativité de la domination littéraire exerce son effet sur l’ensemble du circuit de communication littéraire, nous proposons, dans ce dossier, de centrer la perspective critique sur les trois articulations suivantes: 1 les facteurs qui déterminent et conditionnent la production littéraire 2 les facteurs qui se manifestent à l’échelle du texte littéraire 3 les facteurs qui conditionnent le processus de diffusion, de réception et de consécration Dans une approche résolument anti-essentialiste, nous souhaitons mettre l’accent sur les questions suivantes : -       Pour quelles raisons les littératures africaines se constituent encore aujourd’hui en tant que ‘l’autre’ de la littérature française ? -       Comment évaluer la ‘dialectique de la distinction’ (Bourdieu) et quelle y est la part de l’exotisme ? S’agit-il de la seule forme esthétique qui prend la ‘bonne distance’ par rapport à la norme ? -       Comment évaluer les processus de légitimation et de consécration ? Quel rôle y jouent les différentes instances de légitimation ? Y a-t-il des ‘règles spécifiques’ de la réception en ce qui concerne la littérature diasporique ou « migrante » (Jacques Chevrier) ou/et de la littérature francophone, notamment africaine, écrite par les femmes ? -       Quel est l’impact du facteur de la visibilité de l’auteure/de l’auteur/du texte, à la fois moteur de promotion et obstacle à la reconnaissance ‘universelle’ ? Dans une perspective comparatiste: Quels facteurs distinguent la position des auteur(e)s francophones africain(e)s dans le champ littéraire français de celle des écrivain(e)s anglophones, lusophones ou encore hispanophones ? -       Que penser du phénomène de minor transnationalism (Francoise Lionnet/Shu-Mei Shi)? Quel est l’impact d’un discours sur la diversité et le métissage de plus en plus médiatisé dans l’espace public français ? Quel rapport ces discours entretiennent-ils avec des stratégies de marketing à l’aune d’un capitalisme à présent globalisé? -       Toute innovation littéraire qui s’impose est-elle nécessairement absorbée par le mainstream ? Ou peut-on parler de stratégies littéraires réellement subversives ? -       De quelle manière la mise en scène de l’auteu(e)r peut-elle influencer la diffusion et la consommation du produit littéraire ? Quelles formes de proteste s’articule de la part des auteur(e)s concerné(e)s ? On s’intéressera aussi bien à des réflexions théoriques qu’à des études de cas spécifiques. Les contributions seront évaluées par les pairs. Les contributions pourront être soumises en français, en anglais, en allemand, en espagnol ou en portugais. Modalités de sélection : Les contributions pour ce dossier sont attendues, pour au plus tard le vendredi 30 mars 2012. Les contributions doivent contenir un titre et une courte présentation biographique de l’auteur(e). Elles devront être envoyées aux adresses courriel: kaiju.harinen@utu.fi ; sarah.burnautzki@ehess.fr
Courriel du contact: 
kaiju.harinen@utu.fi
Suggéré par: 
Nancy Murzilli
Courriel: 
nancymurzilli@gmail.com
Date de début ou date limite de l'événement: 
30/03/2012
Type d'événement: 
Appels à contribution
Catégorie principale: 
Sous-catégorie: 
Mots-clés: 
littérature africaine

Le manifeste artistique: un genre collectif à l'ère de la singularité

Résumé de l'annonce: 
Appel à contribution pour "Le manifeste artistique: un genre collectif à l'ère de la singularité", journée d'études doctorales du 5 avril 2012, organisée par le Centre de recherches sur les arts et le langage, EHESS, Paris.
« Nous déclarons qu’il faut mépriser toutes les formes d’imitation et glorifier toutes les formes d’originalité » (Manifeste des peintres futuristes, 11 avril 1910) Le manifeste artistique est un genre qui résiste à la définition, un genre « protée » dont la nature est double, à la fois texte et geste. Au-delà de la dimension textuelle, le manifeste est l’acte de légitimation d’un groupe d’artistes, une intervention dans la sphère publique visant à définir une nouvelle position dans l’espace des possibles du champ. En tant qu’acte, le manifeste représente ainsi un objet d’investigation propice à l’étude des manifestations de l’art et de l’artiste dans une époque historique spécifique. L’âge d’or du manifeste coïncide avec la période des avant-gardes (1908-1930). Les manifestes qu’elles ont lancés en grand nombre ont contribué à fixer les traits canoniques du genre. Si le manifeste littéraire et artistique est étroitement lié à la période des avant-gardes historiques, deux publications collectives récentes, L’art qui manifeste(A. Larue dir, Paris, L’Harmattan, 2008) et Le manifeste littéraire au tournant du XXIe siècle (I. Vitali dir, Bologne, Olschki Editore, automne 2010) ont cependant bien mis en évidence la continuité et  la vivacité du genre longtemps après la soi-disant « mort des avant-gardes». Avec la présente journée d’études, qui voudrait considérer les manifestes des divers domaines de l’art, nous souhaitons poursuivre les chantiers ouverts par ces deux publications. Plus particulièrement, nous nous proposons d’approfondir une évolution qui a été relevée par plusieurs chercheurs (A. Larue et A. Tomiche dans L’art qui manifeste, 2008) ; E. Bricco et P. Aron dans Le manifeste littéraire au tournant du XXIe siècle, 2010) : l’affaiblissement de la dimension collective constitutive du genre et l’avènement d’un manifeste lancé par un seul artiste. Il nous semble que ce phénomène témoigne d’une radicalisation de ce que N. Heinich (dans Être artiste. Les transformations du statut des peintres et des sculpteurs, Paris, Klincksieck, 1996) a défini comme le « régime de singularité » apparu à l’heure de l’autonomisation du marché de l’art et où se dessine la représentation de l’artiste en « génie isolé ». Pour être reconnu comme artiste dans la société moderne, son oeuvre doit nécessairement être marquée d’une certaine individualité, originalité et excentricité par rapport aux normes, des critères qui, au fil du XXe siècle, ont entraîné un intérêt croissant pour la biographie de l’artiste. Cette conception de l’artiste se reflète dans les manifestes contemporains et a pour résultat d’accroître la tension, qui a marqué le genre dès ses origines, entre le collectif et le singulier. Le manifeste porte en effet la trace d’un projet commun à un groupe d’artistes dont l’ambition est de construire une identité collective singulière. A partir de ces constats, nous nous proposons de problématiser la place que peut occuper ce genre collectif dans « l’ère de la singularité » qui semble caractériser l’époque contemporaine. Comment l’affaiblissement du groupe en tant que noyau symbolique et identitaire influence-t-il les formes linguistiques du manifeste aussi bien que ses canaux de diffusion et ses enjeux symboliques et sociaux ? A travers l’étude de cas, issus du milieu des arts plastiques et de la littérature aussi bien que des arts visuels et de la musique, la réflexion proposée par la journée d’études s’articulera autour de deux axes principaux : 1) Perspective sociologique : L’affaiblissement de la dimension collective du manifeste, peut-il être interprété comme une perte de croyance dans la capacité prêtée à l’art de changer le monde et, plus largement, comme une perte de la confiance dans le pouvoir des mots ? Dans quelle mesure cette singularisation du discours du manifeste fait-elle écho à ce qu’on a appelé la « fin des grands récits de la modernité » ? Si aujourd’hui a été abandonné le « mythe de l’originalité » (R. Krauss, L’originalité de l’avant-garde et autres mythes modernistes, Paris, Macula, 1993) qui caractérisait l’époque des avant-gardes historiques, quelle valeur donner à la notion de « nouveauté » dans les manifestes d’aujourd’hui? Une autre piste d’interrogation pourrait porter sur les nouvelles possibilités de diffusion de textes offertes par Internet et l’édition numérique. Ces supports influencent-ils les traits formels du manifeste et, dans ce cas, de quelle manière ? Dans la perspective d’une ouverture comparatiste, nous invitons à confronter les manifestes des différents domaines artistiques pour pouvoir mettre en évidence leurs conditions sociales particulières.   2) Perspective discursive : Nous nous appuierons sur une série de textes manifestaires pour tenter de saisir les changements discursifs engendrés par le travail solitaire de l’artiste dans la société actuelle. De quelle manière l’artiste procède-t-il pour affirmer sa singularité dans les manifestes signés par un collectif ? Comment le manifeste émanant d’un seul artiste modifie-t-il les outils rhétoriques du genre ? Par exemple, on pourrait se demander quelle valeur attribuer aux changements déictiques dans la définition du locuteur et du destinataire – singulier ou pluriel – et dans le lien qui s’établit entre les interlocuteurs. Une autre approche possible concerne l’autoréflexivité, un trait récurrent du genre dès ses origines. On pourrait penser que la transgression du genre manifestaire que représente le manifeste en singulier entraîne un emploi plus ample du métadiscours. Si c’est le cas, sous quelles formes le métadiscours se présente-t-il dans les manifestes publiés à l’ère de la singularité ?  En conclusion, on peut se demander dans quelle mesure l’apparat théorique – descriptif, taxonomique et définitionnel – développé pour les manifestes est encore pertinent. Les hypothèses proposées par C. Abastado («Introduction à l’analyse des manifestes», Littérature, nº 39,1980), J. Demers et L. McMurray (L’enjeu du manifeste, le manifeste en jeu, Québec, Le Préambule, 1986) et M. Burger (Les manifestes, paroles de combat : de Marx à Breton, Paris, Delachaux et Niestlé, 2002), sont-elles encore valables ? Doit-on envisager une redéfinition globale du genre, donnant – par le biais de la notion de geste ou d’acte manifestaire – la priorité à la fonction sur des traits discursifs multiples et disparates ?   Les propositions de communication, d’environ 250 mots et accompagnées d’une brève notice bibliographique, devront parvenir au plus tard le 30 janvier 2012 aux adresses mail suivantes : mettetjell@gu.se vivianabirolli@gmail.com Pour tout déplacement, les frais de voyage devront être pris en charge par l’institution de départ. Responsable : Mette Tjell, doctorante au Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL), EHESS Adresse : CRAL, EHESS, 96 bd. Raspail 75006 Paris
Nom du contact: 
Mette Tjell
Courriel du contact: 
mettetjell@gu.se
Adresse postale: 
CRAL, EHESS, 96 bd. Raspail 75006 Paris
Suggéré par: 
Nancy Murzilli
Courriel: 
nancymurzilli@gmail.com
Date de début ou date limite de l'événement: 
30/01/2012
Ville de l'événement: 
Paris
Type d'événement: 
Appels à contribution
Catégorie principale: 
Sous-catégorie: 
Mots-clés: 
manifeste artistique, singularité, genre collectif

Salon double

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Salon double est un projet initié par René Audet et Bertrand Gervais, et dirigé par une équipe de doctorants. Il est un observatoire de la littérature contemporaine : il rassemble sur un site web des lectures ou essais sur des œuvres récentes qui se trouvent ainsi à acquérir une certaine...

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Suggéré par: 
Elisa Bricco
Courriel: 
elisa.bricco@unige.it
Stefano Vidili
Mots-clés: 
lectures, littérature contemporaine, critique
URL du site: 
http://salondouble.contemporain.info

Michel-Ange : Correspondance / Il carteggio

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Les deux volumes de ce coffret contiennent la première édition française et la première traduction complètes de la Correspondance connue de Michel-Ange. Titan de la création artistique, le peintre-sculpteur-architecte, et poète, a été aussi un inlassable épistolier : 518 lettres nous sont...

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Suggéré par: 
Amh
Courriel: 
-
Stefano Vidili
Éditeur: 
Les Belles Lettres
Langue: 
Français, Italiano

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