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Proust et les écrans / Proust e gli schermi

Sottotitolo: 

Quaderni Proustiani, n. 14, 2019

Riassunto dell'annuncio: 
Pour sa livraison de 2019, la revue Quaderni Proustiani souhaite proposer à ses contributeurs une réflexion centrée sur « Proust et les écrans »

Proust et les écrans
Revue Quaderni Proustiani, n. 14, 2019
Colloque de Padoue, 18 et 19 juillet 2019
Université de Padoue (Italie)
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Argumentaire

Le 15 février 2017, les internautes du monde entier ont vu apparaître « Marcel Proust » sur leurs écrans. Non plus photographié, portraituré ou assimilé par métonymie à son oeuvre, mais filmé. Une vidéo d’à peine quelques secondes, tournée en 1904 lors du mariage du duc de Guiche, montre une silhouette frêle et moustachue, coiffée d’un chapeau melon, descendant d’un pas rapide les escaliers de l’église de la Madeleine. En cette projection diaphane et tremblotante, Laure Hillerin, auteur de la biographie de la Comtesse Greffulhe, aurait identifié le futur auteur de la Recherche, âgé alors de trente-trois ans. La nouvelle a fini par faire le tour du monde, à tort ou à raison : l’image en mouvement d’un « Marcel Proust » à peine reconnais-sable, qui se faufile discrètement parmi les invités, est reprise par les médias et réseaux sociaux de tous horizons, propulsée aux quatre coins de la planète par des milliers de likes, de retweets et de liens. À l’ère de la communauté numérique, Marcel Proust devient – l’aurait-on jamais cru ? – un phénomène « viral » et peut-être une « Fake News ».

Cette résurrection filmique n’est pourtant que la manifestation la plus spectaculaire d’une présence massive de Proust sur nos écrans, diffracté et “étoilé” par cette Toile à laquelle ils donnent accès. Un rapide tour d’horizon suffit pour constater l’hétérogénéité et la pluralité de toutes les « Proust’s audio-visual afterlives » (A. Watt). En procédant de l’oeuvre à l’homme, on rencontre d’abord les différentes versions numérisées étiquetées de la Recherche, de l’Agenda de 1906, la masse des cahiers de brouillons numérisés par la Bibliothèque Nationale, consultables sur la plateforme Gallica, mais aussi, pour le 20 novembre prochain, l’ouverture d’une Correspondance de Marcel Proust en ligne : paradoxe admirable d’une dématérialisation permettant d’accéder mieux que jamais à la matérialité du texte, à la texture charnelle de l’écriture. Viennent ensuite les différentes transpositions transmédiales de la Recherche, adaptée et récréée par des moyens d’expression aussi divers que créatifs : pièces théâtrales (les dernières en date : Un instant de Proust, mise en scène par J. Bellorini ; Les Français. Inspiré de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, par K. Warlikowski), spectacles de danse (le ballet Proust ou les intermittences du coeur par R. Petit, représenté en 2007 à l’Opéra de Paris), la bande dessinée de Stéphane Heuet et, évidemment, les adaptations cinématographiques. Aussi bien les projets non réalisés (ceux de Luchino Visconti et de Joseph Losey) que les productions de Volker Schlöndorff, de Chantal Akerman, de Raoul Ruiz ou de Nina Companeez, témoignent de la gageure d’une transposition – intégrale ou partielle – pour le grand écran du roman proustien et ont soulevé de vastes débats, tant dans la critique universitaire que parmi les lecteurs non spécialistes.

Pour en revenir au petit écran de nos ordinateurs ou tablettes, la révolution d’Internet et la montée en puissance des réseaux sociaux ont vu se multiplier les canaux de diffusion, de transmission et de partage offerts aux lecteurs de Proust. Outre les espaces consacrés aux commentaires et aux critiques des internautes sur des plates-formes telles que Babelio ou Senscritique, nombreux sont les sites, les blogs ou les carnets de recherche et de veille entièrement centrés sur l’écrivain et sur son oeuvre. Ils ont été créés tantôt par des amateurs, animés d’une véritable passion proustienne et souhaitant mettre en commun leur expérience de lecture, leurs découvertes, ou bien publiciser toutes sortes de manifestations consacrées à leur écrivain de chevet, tantôt par des universitaires, qui oeuvrent au rayonnement des études proustiennes en relayant les actualités de la recherche, les événements académiques et les nouvelles parutions.

C’est donc l’image d’un Proust de plus en plus « mondialisé », « numérisé » et hyper-contemporain que nous renvoient tous ces écrans connectés, autant de projections et de diffractions dont l’inventaire n’a pas encore été entrepris par la critique proustienne. S’il est désormais avéré que l’écran, avatar moderne de la fenêtre de Leon Battista Alberti, est devenu le dispositif optique de référence de notre époque, « élément propulseur – a écrit Mauro Carbone – d’une révolution perceptive » encore largement à appréhender, il convient alors de s’interroger plus systématiquement sur les modalités et les effets de cette surexposition de Proust sur nos écrans.

Pour sa livraison de 2019, la revue Quaderni Proustiani souhaite ainsi proposer à ses contributeurs une réflexion centrée sur « Proust et les écrans », qui donnera lieu à une rencontre célébrative autour d’un colloque international en septembre-octobre 2019 à l’Université de Padoue, et qui pourra s’articuler selon les trois axes suivants :

1) Proust sur nos écrans : Il s’agirait d’abord d’entreprendre un tour de reconnaissance systématique des multiples « incarnations numériques » de Proust et de son oeuvre. Par quelles approches et armée de quels outils théoriques et méthodologiques la critique universitaire peut-elle appréhender ces « galaxies Proust » en perpétuelle expansion ? Quelles logiques (appropriation, vulgarisation etc.) et quelles intentions sous-tendent les différentes manifestations proustiennes sur la Toile ? S’agit-il de verres grossissants, susceptibles de ménager des angles de vision inédits, ou bien de lunettes déformantes ? Dans quelle mesure ces hybridations et ces « trafics » de Proust (A. Simon) contribuent-ils à la consolidation de son « mythe » et influencent-elles notre rapport à l’homme et à son oeuvre ?

2) Proust et le grand écran : En dépit du scepticisme, voire de l’aversion de Proust pour le tout nouveau cinématographe, de nombreux passages de la Recherche témoignent de « l’oeil cinématographique » (T. Carrier-Lafleur) de l’écrivain et semblent anticiper sur les découvertes des cinéastes. Toujours est-il que le roman proustien, aussi bien par sa structure narrative que par sa longueur, pose des défis majeurs aux metteurs en scène et scénaristes qui s’essaient à l’exercice périlleux d’une adaptation. Bien que les transpositions filmiques de la Recherche aient déjà fait l’objet d’investigations et de travaux au sein de la critique proustienne (Schmid, Kravanja, Ferré, Carrier-Lafleur), il reste encore beaucoup à dire et à écrire sur ce Proust vu au cinéma et par le cinéma. De quels écueils et de quels enjeux propres au grand écran les adaptations filmiques tentées jusqu’à ce jour font-elles état ? Quels choix et quelles directions laissent-ils entrevoir les projets de scénarios de Suso Cecchi D’Amico pour Luchino Visconti et d’Harold Pinter pour Joseph Losey ? Les transpositions les plus fidèles de l’oeuvre de Proust ne seraient-elles pas finalement à rechercher dans d’autres films ?

3) Les écrans dans la Recherche : avant de constituer un support numérique pour la lecture, la consultation et la diffusion de l’oeuvre proustienne, les écrans nourrissent de façon consistante la poétique et l’esthétique de la Recherche. Dans ses nombreuses métaphores et déclinaisons (verres, fenêtres, lunettes, lorgnettes, instruments d’optique), l’écran se configure avant tout comme une barrière, perceptive ou spirituelle, dressée entre la conscience du sujet et le monde (G. Henrot). Il se voit par conséquent associé à la notion de croyance et apparaît comme un foyer d’ambiguïtés et de tensions dialectiques : entre la surface et la profondeur, l’opacité et la transparence, l’aplatissement et le relief, la proximité et l’éloignement, l’illusion et la réalité… autant de pistes et de dichotomies qui pourront être examinées d’un point de vue thématique, stylistique, narratologique, philosophique ou psychanalytique.

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Modalité de présentation des contributions
Date d’échéance pour l’envoi des articles définitifs : le 30 avril 2019
• Résumé de 500 signes, espaces comprises
• Biobibliographie de 300 signes, espaces comprises
• Article de maximum 50.000 signes, espaces comprises
• Bibliographie en fin d’article
• Mise en page selon le modèle Word et les normes de la revue (téléchargeable sur le site de Padova University Press : http://www.padovauniversitypress.it/riviste).
Révision en double aveugle
Retour des avis : pour le 21 mai 2019.
Réponse de la revue : le 30 mai 2019.
Les articles parvenus pourront faire l’objet d’une présentation publique et d’un débat lors du
Colloque de l’Université de Padoue : Proust et les écrans : 18-19 juillet 2019.
Les articles approuvés par la révision en double aveugle et remis dans leur version définitive pour le 20 août seront publiés dans le numéro 2019 des Quaderni proustiani.
Correction des épreuves : mi-septembre 2019.
Publication : mi-octobre 2019.

Comité scientifique
Viviana Agostini Ouafi • Université de Caen Normandie (FR)
Alberto Beretta Anguissola • Università La Tuscia Viterbo (IT)
Stéphane Chaudier • Université de Lille (FR)
Luc Fraisse • Université de Strasbourg (FR)
Giuseppe Girimonti Greco • PhD, traduttore (IT)
Geneviève Henrot Sostero • Università di Padova (IT)
Françoise Leriche • Université de Grenoble Alpes (FR)
Bruno Moroncini • Università di Salerno (IT)
Anne Simon • École des Hautes Études en Sciences Sociales, CRAL (FR)
Eleonora Sparvoli • Università Cattolica di Milano (IT)
Davide Vago • Università Cattolica di Milano (IT)
Marisa Verna • Università Cattolica di Milano (IT)

Organisation
Geneviève Henrot Sostero (Université de Padoue) genevieve.henrot@unipd.it
Denis Brotto (Université de Padoue) denis.brotto@unipd.it
Ilaria Vidotto (Université de Grenoble Alpes) ilaria.vidotto2@unibo.it

Segnalato da: 
Geneviève Henrot
Email: 
geneviève.henrot@unipd.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
30/04/2019
Luogo dell'evento: 
Padoue
Tipo di evento: 
Proposte di contributi
Categoria principale: 
Parole chiave: 
Proust, Schermi, écrans
Nome del contatto: 
Geneviève Henrot
Email del contatto: 
geneviève.henrot@unipd.it
Sito web di riferimento: 
http://quaderniproustiani.padovauniversitypress.it/quaderni-proustiani-13-2019