Acteurs et formes de médiation pour le dialogue interculturel

GLAT 2016

Date et lieu

Padova - Date limite: 15/2/2016

Publié par: Nancy Murzilli, Lundi 25/1/2016

Résumé de votre annonce

Le colloque concerne le développement de réflexions et de recherches linguistiques sur les rapports qui lient la médiation et le dialogue interculturel.

Contenu de l'annonce

Argumentaire

Le GLAT 2016 nait de la rencontre de deux expériences de recherche : celle de Padoue sur les discours de médiation, ainsi que sur les diverses retombées d’une approche linguistique du phénomène médiatif, et celle de Brest sur les adaptations aux diversités, dans une approche interdisciplinaire et interculturelle. La première expérience s’appuie sur une série d’études menées dans le cadre d’un projet de recherche sur « Le discours de la médiation entre terminologie et traduction », ainsi que sur quatre colloques internationaux qui ont été organisés à l’Université de Padoue sous la responsabilité scientifique de Michele De Gioia, auprès du Dipartimento di Scienze Politiche, Giuridiche e Studi Internazionali (Département des Sciences politiques, juridiques et des Études internationales). La deuxième expérience s’est d’abord déployée dans le domaine de la terminologie avant de s’enrichir des recherches en interculturalité, en linguistique, en didactique, en ontologie informatique et en traductologie. Elle s’est manifestée à travers quinze colloques internationaux, créés par José Manuel Abreu, fondateur du Groupe de Linguistique Appliquée des Télécommunications (GLAT), actuellement sous la responsabilité scientifique d’Alison Gourvès-Hayward et de Cathy Sablé, auprès du Département de Langues et Culture internationale de Télécom Bretagne.

Les deux expériences se sont croisées lors de deux colloques internationaux récents ayant pour objet la médiation et il en est surgi un projet commun de collaboration scientifique qui a engendré, avant tout, l’organisation à Padoue du prochain colloque international bisannuel du Groupe : le GLAT 2016. La nouveauté du colloque concerne le développement de réflexions et de recherches linguistiques sur les rapports qui lient la médiation et le dialogue interculturel.

La médiation peut être envisagée comme un « concept fédérateur, susceptible de regrouper les pratiques professionnelles et pédagogiques des différents métiers de la communication », pour reprendre les propos de John Humbley, et aussi comme un concept représentant un « processus de communication éthique », au sens de Michèle Guillaume-Hofnung. Par le biais de la médiation, on peut donc fédérer pratiques et métiers, ainsi que les activités sociales et les relations humaines.

La médiation prend aujourd’hui une importance croissante dans nos sociétés hétérogènes, où les oppositions de points de vue, de visions, de besoins et d’intérêts entre groupes minoritaires et majoritaires, par exemple entre communautés d’immigrés et d’autochtones, représentent des scénarii de plus en plus fréquents. Les institutions ne sont pas toujours à même de donner des réponses rapides aux situations quotidiennes d’incompréhension et de rejet de l’altérité (linguistique, physique, psychique, sexuelle et sociale), de dégradation, de violence urbaine, d’extrémisme.

La médiation se révèle l’instrument le plus immédiat et le plus souple pour intervenir. Axée sur la volonté et sur la confiance des personnes qui y ont recours, l’action de divers médiateurs (médiateur citoyen, culturel, de quartier, de rue, de la ville, familier, institutionnel, judiciaire, linguistique, sanitaire, scolaire, social, etc.) et de divers facilitateurs de la communication (assistants sociaux, chercheurs, enseignants, psychologues, modérateurs de forums, de groupes d’intérêt particulier, en ligne ou hors ligne, etc.) permet d’expliciter ce qui est souvent implicite, de déclencher l’écoute et de dialoguer avec l’autre.

Dans ce processus de communication, l’importance que revêtent les langues, la clarté des mots –dans tous les sens : reformulations, explications, explicitations, définitions, mais aussi mises en sourdine de sujets qui risquent de brouiller la communication – et la conscience des spécificités des interactions conversationnelles, est incontestable. Pour qu’il y ait médiation, le médiateur et les personnes concernées doivent s’entendre sur les mots qu’ils emploient. Ces personnes doivent reconnaître le médiateur comme tiers par rapport à leurs visions du monde. Le médiateur doit apprendre que certains mots révèlent des valeurs personnelles et que telle ou telle autre formulation énonciative peut apaiser les esprits et accroître la confiance. Il doit donc disposer d’une formation qui lui permette de maîtriser non seulement les principes théoriques de la médiation, mais aussi les interactions linguistiques qui la caractérisent.

Le Colloque s’inscrivant dans un cadre interdisciplinaire et pluridisciplinaire, les organisateurs souhaitent accueillir des propositions d’études sur les diverses situations et pratiques de médiation où les enjeux linguistiques (et en même temps culturels, interculturels et sociaux) demeurent au centre de la réflexion. Par ailleurs, ils attendent des analyses théoriques critiques portant sur les concepts et les termes de médiationculturedialogue et interculturalité.

Le Colloque s’inscrivant dans un cadre interdisciplinaire et pluridisciplinaire, les organisateurs souhaitent accueillir des propositions d’études sur les diverses situations et pratiques de médiation où les enjeux linguistiques (et en même temps culturels, interculturels et sociaux) demeurent au centre de la réflexion. Par ailleurs, ils attendent des analyses théoriques critiques portant sur les concepts et les termes de médiationculturedialogue et interculturalité.

Exemples de propositions

Les communications interrogeront les rapports entre médiation et dialogue interculturel. Entre autres, elles pourront :

 

  • réfléchir sur les relations théoriques et pratiques entre droit, médiation et dialogue interculturel ;
  • repérer et analyser les caractères philosophiques et épistémologiques qui permettent de parvenir à une définition de lamédiation et à l’identification des phases qui caractérisent ce processus au travers d’une ou plusieurs de ses pratiques ;
  • examiner un cas concret de situations de médiation où la création ou le rétablissement du dialogue interculturel représentent l’enjeu principal ;
  • décrire une analyse conversationnelle portant sur des situations de médiation précises et sur des données authentiques ;
  • aborder des études lexicales et terminologiques ponctuelles et basées sur des données authentiques ;
  • exposer une étude sociolinguistique sur le plurilinguisme et sur la représentation de la langue et de l’altérité, en faisant référence au concept de médiation et/ou à des situations réelles de médiation ;
  • introduire une approche et/ou proposition didactique pour la formation à la médiation et à ses principes, ainsi qu’au dialogue interculturel (formation sur objectifs spécifiques) ;
  • montrer une approche et/ou expérience et/ou stratégie didactique pour la médiation (population étudiants diverses, interdisciplinarité, approche par compétence, langues dans les enseignements, enseignement des langues, utilisation d’outils divers) ;
  • étudier l’émergence de nouvelles figures et pratiques linguistiques de médiation qui favorisent le dialogue sur les réseaux sociaux et, en général, sur le Web ;
  • interroger le thème de la médiation et des technologies de l’information, dans la mesure où notre monde, en mutant massivement vers le numérique, transforme aussi toutes les pratiques, traditions, moyens et normes en leur imprimant des connotations qui relèvent de la technè moderne ;
  • présenter un projet de recherche (en cours ou achevé) qui porte sur les liens entre la médiation comme processus de communication (éthique) et le dialogue interculturel, notamment en présentant les spécificités méthodologiques et les retombées (espérées ou réellement obtenues).

Le Colloque s’articulera en plusieurs sessions où des spécialistes des sciences du langage, de didactique, d’interculturalité, de médiation et de droit privilégieront une approche essentiellement linguistique de l’étude du dialogue interculturel auquel contribuent, chacune à leur manière, diverses figures, formes et mots de médiation.

Modalités d'envoi des propositions

Veuillez envoyer votre résumé de deux pages en format A4 ou Letter (.doc ou .pdf) en français ou anglais à Cathy Sablé (catherine.sable@telecom-bretagne.eu) avant le lundi 15 février 2016.

Les langues du colloque seront l'allemand, l'anglais, l'espagnol, le français, l'italien et le portugais.

Contacts

  • Nom du contact: Michele De Gioia
  • Courriel du contact: michele[point]degioia[at]unipd[point]it
  • Adresse du contact:

Suggéré par

Mario Marcon 25/1/2016

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Acteurs et formes de médiation pour le dialogue interculturel, Appels à contributionEFMR, Date de publication du numéro Lundi 25/1/2016, http://www.efmr.it/index.php?op=eventdetail&id=1071