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Letteratura

Espèces d’espaces : Représentations linguistiques et littéraires de l’espace dans les discours de la contemporanéité

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Ce numéro d’Écho des études romanes entend examiner comment les individus construisent, interprètent et reconfigurent l’espace au moyen de choix lexicaux, de stratégies énonciatives et de dispositifs narratifs et poétiques spécifiques, et en déterminant dans quelle mesure ces représentations participent à la compréhension des transformations sociales, culturelles et environnementales du monde post-1980.
Écho des études romanes Revue semestrielle de linguistique et littératures romanes www.eer.cz Appel à contributions pour le numéro thématique 2026 Espèces d’espaces. Représentations linguistiques et littéraires de l’espace dans les discours de la contemporanéité En 1974 Georges Perec déplore la cécité dont l’homme fait preuve à l’égard de l’espace. Au centre de son questionnement il y a une « géographie dont nous avons oublié que nous sommes les auteurs » (Perec, 2000 : 105) et dont il cherche à définir de nouvelles coordonnées. L’espace apparaît ainsi non comme un simple cadre neutre de l’existence, mais comme une réalité fragmentée, traversée de fissures, de seuils et de zones de friction, que les discours contribuent à construire, à interpréter et à rendre lisible. Dans le sillage des réflexions perecquiennes contenues dans Espèces d’espaces, ce numéro thématique d’Échos des études romanes se propose d’analyser les représentations linguistiques, littéraires et traductologiques de l’espace dans les discours de la contemporanéité, en articulant les apports issus de la linguistique, des études littéraires et de la traduction. L’espace y est envisagé non comme un simple référent extralinguistique, mais comme une construction langagière et textuelle, produite par des opérations de nomination, de catégorisation et de mise en discours, ainsi que par des dispositifs narratifs, poétiques et traductifs. Les textes littéraires sont ainsi considérés à la fois comme des formes esthétiques et comme des lieux privilégiés d’élaboration discursive de l’expérience spatiale, tandis que les discours non littéraires sont interrogés dans leur dimension narrative, métaphorique et symbolique. Les concepts d’espace et de lieu ont connu d’importantes évolutions au cours des dernières décennies, sous l’influence du tournant spatial dans les sciences humaines et sociales à partir de la fin des années 1980. Dans le cadre de ce numéro, la contemporanéité est entendue comme la période postérieure aux années 1980, marquée par la mondialisation, la recomposition des territoires, l’accélération des mobilités, la révolution numérique et l’émergence de crises environnementales globales. Cette période se caractérise par une multiplication des expériences spatiales discontinues, instables et hybrides, qui se manifestent de manière privilégiée dans les discours et les formes littéraires. Au cours des années 1980 et 1990, plusieurs concepts théoriques ont contribué à renouveler la pensée de l’espace : l’hétérotopie (Foucault, 1984), les lieux de mémoire (Nora, 1984), l’espace des flux (Castells, 1989), les non-lieux (Augé, 1992) ou encore le tiers espace (Bhabha, 1994). Les années 2000 ont vu l’émergence de notions telles que la postmétropole (Soja, 2000) et le développement d’approches interdisciplinaires comme la géocritique (Westphal, 2000) ou encore la géographie littéraire et la pensée-paysage (Collot, 2011, 2014), articulant dimensions esthétiques, éthiques et écologiques de l’espace. Plus récemment, des termes comme cyberespace, glocal, Covidocène, Anthropocène, Capitalocène ou Technocène ont profondément remis en question les frontières entre espace public et espace privé, espace réel et espace virtuel, centre et périphérie, ainsi que les relations entre ville et campagne, humain et nature. Ces reconfigurations s’accompagnent d’une intense activité discursive et lexicale. Les discours politiques, scientifiques, institutionnels, militants, médiatiques et littéraires élaborent de nouvelles manières de dire et de représenter l’espace : l’océan, redéfini comme milieu menacé et espace de ressources en voie d’épuisement, l’environnement comme espace de conflictualité, le territoire comme enjeu identitaire, les espaces numériques comme nouveaux lieux d’énonciation. L’espace devient ainsi à la fois un lieu de créativité linguistique, marqué par des phénomènes de néologisation, de resémantisation et de recomposition terminologique, et un dispositif narratif et poétique central dans les productions littéraires contemporaines. Sur le plan littéraire, les écritures contemporaines ont développé de véritables poétiques de l’espace, qui dialoguent de manière explicite avec ces transformations discursives, sociales et théoriques. De l’héritage perecquien d’Espèces d’espaces, qui invite à interroger les micro-topographies du quotidien, jusqu’aux narrations urbaines fragmentaires de Jean Echenoz et Annie Ernaux, l’espace se configure comme un lieu de mémoire, de stratification sociale et de positionnement énonciatif, étroitement lié aux choix formels et linguistiques des textes. Chez Michel Houellebecq, par exemple, les espaces anonymes font écho à la notion de non-lieu, tandis que Marie Darrieussecq ou Maylis de Kerangal élaborent une écriture du corps et du paysage où environnement, technique et subjectivité apparaissent imbriqués. Les écritures francophones et postcoloniales, qu’il s’agisse de Patrick Chamoiseau, d’Édouard Glissant ou de Maryse Condé, interrogent, d’ailleurs, l’espace comme palimpseste historique et territoire de résistance, comme lieu de tension entre centre et périphérie, ancrage et dislocation, contribuant à redéfinir les normes esthétiques et linguistiques dominantes. Ces exemples, nécessairement partiels, illustrent la vitalité des poétiques spatiales contemporaines et la diversité des enjeux formels, éthiques et identitaires qu’elles soulèvent. La lecture et la représentation de l’espace relèvent donc d’une construction intellectuelle, d’un ressenti émotionnel et d’un choix éthique et politique : alors que le constat de la dégradation des milieux naturels et de l’extinction des espèces animales sous l’effet de l’anthropisation s’impose, le concept d’espace traverse ainsi de multiples redéfinitions. L’urgence de donner un sens esthétique aux espaces dans lesquels nous vivons et de repenser notre engagement social, culturel et politique à leur égard apparaît dès lors comme un enjeu central des discours et des écritures contemporaines. Si ces problématiques ont déjà fait l’objet d’études approfondies sous l’angle notamment de la philosophie, de l’histoire, de la sociologie politique et de la psychologie, les dimensions proprement langagières, discursives et littéraires de l’espace demeurent insuffisamment explorées dans leur articulation. Ce numéro d’Écho des études romanes entend examiner comment les individus construisent, interprètent et reconfigurent l’espace au moyen de choix lexicaux, de stratégies énonciatives et de dispositifs narratifs et poétiques spécifiques, et en déterminant dans quelle mesure ces représentations participent à la compréhension des transformations sociales, culturelles et environnementales du monde post-1980. Questions clés à explorer Sans prétendre à l’exhaustivité, les contributions pourront notamment s’inscrire dans les axes suivants : 1. L’espace comme construction discursive et langagière L’espace se construit discursivement par des choix lexicaux, énonciatifs et terminologiques. Les contributions pourront explorer les innovations langagières qui accompagnent l’émergence de nouveaux espaces (environnementaux, marins, urbains, numériques), les métaphores et les stratégies discursives propres aux discours politiques, scientifiques, militants ou médiatiques. 2. Poétiques et narrations de l’espace Les écritures contemporaines dialoguent avec les théories de l’espace (géocritique, non-lieux, tiers espace) par des dispositifs formels spécifiques. Les contributions pourront analyser la représentation des fractures spatiales, des marges et des espaces interstitiels, depuis les micro-topographies du quotidien jusqu’aux villes fragmentées, en considérant les filiations esthétiques qui relient la modernité littéraire aux écritures du présent. 3. Fractures spatiales, marges et interstices Espaces liminaires, frontières, périphéries et zones d’exclusion se prêtent particulièrement à l’analyse des représentations de l’instabilité de l’espace. Les contributions pourront examiner comment ces espaces intermédiaires sont construits discursivement et narrativement, et quelles tensions sociales, identitaires ou géopolitiques les traversent. 4. Espaces, environnement et crise écologique Les discours environnementaux et écologiques définissent l’espace comme milieu, habitat ou ressource, et construisent des imaginaires spécifiques de l’océan, du paysage et de la nature en général. Les contributions pourront analyser les dimensions éthiques, politiques et idéologiques de ces représentations linguistiques et littéraires, face aux crises environnementales (Anthropocène, Capitalocène, Technocène) et à la redéfinition du rapport humain-nature. 5. Énonciation, subjectivité et spatialité L’espace participe à la construction des points de vue et du positionnement énonciatif, en organisant la perception, l’évaluation et la prise en charge discursive. Les contributions pourront analyser les configurations spatiales comme opérateurs de focalisation et de dissociation énonciative, notamment dans la perspective rabatelienne, en interrogeant la circulation des voix et la pluralité des perspectives. Une attention particulière sera portée aux relations entre espace, subjectivité et point de vue littéraire, dans les textes narratifs comme dans les discours non littéraires. 6. Espaces francophones et postcoloniaux Les littératures francophones questionnent les reconfigurations spatiales dans leur relation aux normes linguistiques, esthétiques et culturelles dominantes. Les contributions pourront analyser les variations linguistiques, les rapports entre centre et périphérie, ainsi que la construction de l’espace comme lieu de mémoire, de circulation et de résistance. 7. Traduction et circulation des représentations spatiales La traduction et la retraduction transforment les représentations de l’espace et de la mémoire. Les contributions pourront s’intéresser aux effets de ces passages interculturels sur les héritages littéraires, les stratifications textuelles et la dimension temporelle de l’espace. 8. Circulation médiatique et patrimonialisation des espaces littéraires Les lieux littéraires circulent dans les discours médiatiques et mémoriels contemporains, qu’il s’agisse de la presse, des guides touristiques ou des sites web. Les contributions pourront s’intéresser aux processus de patrimonialisation et de valorisation touristique de ces espaces, en explorant comment ces différentes formes de médiatisation transforment la mémoire et la perception des lieux. Responsables éditoriaux : Francesca DAINESE, Francesca LORANDINI, Adelaide PAGANO, Giuseppe SOFO, Silvia Domenica ZOLLO Comité scientifique : Jana ALTMANOVA (Université de Naples L’Orientale), Francesca DAINESE (Université de Padoue), Ruggero DRUETTA (Université de Turin), Caterina FALBO (Université de Trieste), Paolo FRASSI (Université de Vérone), Laurent GAUTIER (Université de Bourgogne), Claudio GRIMALDI (Université de Naples Parthénope), Francesca LORANDINI (Université de Modène et Reggio Emilia), Marco MODENESI (Université de Milan), Aurélie MOIOLI (Université de Poitiers), Radka MUDROCHOVÁ (Université Charles de Prague), Adelaide PAGANO (Université de Naples Federico II), Maria Giovanna PETRILLO (Université de Naples Parthenope), Marika PIVA (Université de Padoue), Paola PUCCINI (Université de Bologne Alma Mater Studiorum), Micaela ROSSI (Université de Gênes), Carmen SAGGIOMO (Università degli Studi della Campania « Luigi Vanvitelli »), Laura SANTONE (Université de Rome 3), Giuseppe SOFO (Université de Venise Ca’ Foscari), Francesco SPANDRI (Université de Rome 3), Eleonora SPARVOLI (Université de Milan), Valeria SPERTI (Université de Naples Federico II), Davide VAGO (Université Catholique de Milan), Fabio VASARRI (Université de Cagliari), Maria Teresa ZANOLA (Université Catholique de Milan), Silvia Domenica ZOLLO (Université de Naples Parthénope) Modalités de soumission Les contributions, qui doivent respecter les consignes de rédaction situées à la fin de ce document, doivent être envoyées en version électronique simultanément à Silvia Domenica Zollo silvia.zollo@uniparthenope.it et Francesca Dainese francesca.dainese@unipd.it avant le 31 août 2026. Veuillez indiquer « ÉER 2026 » comme objet du message. Conformément aux règles habituelles de la revue, elles seront préalablement examinées par les coordinateurs du dossier, puis soumises à une expertise en double aveugle par les pairs. Les réponses aux propositions de contributions seront données à leurs auteurs au plus tard à la fin du mois d’octobre 2026, après délibération du comité éditorial. La version définitive des articles devra être remise aux coordinateurs avant la fin du mois de novembre 2026. Publication prévue décembre 2026. Langue de rédaction : français *** Bibliographie Adam J.-M. (2017), Les textes, types et prototypes, Paris, Armand Colin. Altmanova J. et al. (2023) (dir.), Vies du port : regards croisés sur l’espace portuaire, Napoli, UniorPress. Altmanova J. et al. (dir.) (2024), « Variation terminologique et innovations lexicales dans le domaine de la biodiversité et du changement climatique », Repères-DORIF, 2. Amossy R., Orkibi E. (dir.) (2021). Ethos collectif et identités sociales, Paris, Classiques Garnier. Auer P. et al. (2014) (dir.), Space in Language and Linguistics. Geographical, Interactional, and Cognitive Perspectives, Berlin, De Gruyter. Augé M. (1992), Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Éditions du Seuil. Bachelard G. (1957), La poétique de l’espace, Paris, PUF. Balnat V., Gérard C. (dir.) (2022), « Néologie et environnement », Neologica, 16, Paris, Classiques Garnier. Bhabha H. K. (1994), The Location of Culture, London, New York, Routledge. Capecchi G., Mosena R. (2023), Il turismo letterario, Perugia, Perugia Stranieri University Press, 2023. Castells M. (1989), The Informational City : Information Technology, Economic Restructuring, and the Urban-Regional Process, Oxford, Blackwell. Charaudeau P. (2016), « Le discours doit être analysé en rapport avec les dispositifs de mise en scène », Mots. Les langages du politique, 111. Collot M. (2011), La pensée-paysage. Philosophie, arts, littérature, Arles, Actes Sud. Collot M. (2014), Pour une géographie littéraire, Paris, Corti. Dainese F. (2018), Vite parallele e spazi eterotopici. Cannibalismo e identità in Emmanuel Carrère e Andrei Makine, in G. Pelloni et M. Boschiero (dir.), L'Est nell'Ovest, Bologna, I Libri di Emil. Dainese F. (2022), « Un Paris de mauvais rêve » : memoria e geografia urbana in Patrick Modiano, in D. Tononi et al. (dir.), Autoritarismi, totalitarismi e luoghi del trauma. Da siti di violenza a spazi di memoria, «Clessidre. Dialoghi interdisciplinari sulla memoria», 1, pp. 51-63. Foucault M. (1984), « Des espaces autres » (Conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967), Architecture, Mouvement, Continuité, 5, Paris, AMC Éditions, pp. 46-49. URL : https://foucault.info/documents/heterotopia/foucault.heteroTopia.fr/ Grimaldi G. (2024), « Concepts et terminologies au carrefour de plusieurs disciplines : la variation en terminologie liée aux notions de smart city et sustainable city », C. Cavallini, S. Silvestri (dir.), Lingue e apprendimento multimodale per lo sviluppo sociale, inclusivo, multiculturale, Bari, Cacucci Editore, pp. 195-214. Humbley J. (2018), La néologie terminologique, Limoges, Lambert-Lucas. Lakoff G., Johnson M. (1980), Metaphors We Live By, Chicago, University of Chicago Press. Lefebvre H. (1974), La production de l’espace, Paris, Anthropos. Lorandini F. et al. (2025), «Memoria. Il presente del passato», Ti-contre. Teoria Testo Traduzione, 23. URL: https://teseo.unitn.it/ticontre/article/view/3582 Maingueneau D. (2004), Le discours littéraire. Paratopie et scène d’énonciation, Paris, Armand Colin. Nora P. (1984), Les lieux de mémoire, Paris, Gallimard. Perec G. (2000) [1974], Espèces d’espaces, Paris, Galilée, coll. « L’espace critique ». Paissa P., Hamon Y. (2023) (dir.), Discours environnementaux. Convergences et divergences, Roma, Aracne. Rabatel A. (2021), La confrontation des points de vue dans la dynamique figurale des discours. Énonciation et interprétation, Limoges, Lambert-Lucas. Rakotonoelina F., Reboul-Touré S. (dir.) (2020). « La biodiversité en discours : communication, transmission, traduction », Les Carnets du Cediscor, 15. Rossi M. (2015), In rure alieno. Métaphores et termes nomades dans les langues de spécialité, Bern, Peter Lang. Sablayrolles J.-F. (2019), Comprendre la néologie. Conceptions, analyses, emplois, Limoges, Lambert-Lucas. Soja E. W. (1989), Postmodern Geographies : The Reassertion of Space in Critical Social Theory, London and New York, Verso. Soja E. W. (2000), Postmetropolis : Critical Studies of Cities and Regions, Oxford, Blackwell Publishers. Vandeloise C. (1986), L’espace en français. Sémantique des prépositions spatiales, Paris, Seuil. Vandeloise C. (2001), Aristote et le lexique de l’espace, Stanford, CSLI Publications. Westphal B. (2000), La Géocritique. Réel, fiction, espace, Paris, Les Éditions de Minuit. Zanola M. T. (2023), Le français de nos jours. Caractères, formes, aspects, Roma, Carocci. Zollo S. D. (2024), « Lexiques et corpus au service de la littératie océanique : propriétés et relations lexicales dans le domaine de la faune marine », Studia Universitatis Babes-Bolyai. Philologia, 1, pp. 123-150. CONSIGNES DE RÉDACTION A) Généralités Les textes ne dépasseront pas 35 000 caractères (espaces, références bibliographiques, bibliographie, notes infrapaginales, résumé et mots-clés inclus). Les contributions seront précédées du titre [police Times New Roman 11 / caractères gras / LETTRES CAPITALES / interligne simple / texte justifié à gauche] ▪ suivi du prénom et NOM de l’auteur [police Times New Roman 11 / interligne simple / texte justifié à gauche / nom de l’auteur en lettres capitales]. ▪ et de l’institution de rattachement [police Times New Roman 11 / interligne simple / texte justifié à gauche]. Suivra le résumé en anglais [police Times New Roman 9 / interligne simple / texte justifié]. ▪ les mots-clés en anglais [police Times New Roman 9 / interligne simple / texte justifié], séparés d’un point-virgule. ▪ les mots-clés en français [police Times New Roman 9 / interligne simple / texte justifié], séparés d’un point-virgule. ▪ la version anglaise du titre [police Times New Roman 9 / caractères gras / interligne simple / texte justifié]. S’il vous plaît, ne formatez pas vos textes au-delà des consignes indiquées ! B) Mise en forme du texte Le texte : Fichiers au format DOCX, DOC ou RTF de préférence, police Times New Roman ; interligne simple ; taille 11 (texte, intitulés) et 9 (notes en bas de page). Éviter veuves et orphelines. Caractères gras pour le titre général et les intitulés des sections, l’italique pour la mise en valeur d’un élément ou son emploi autonymique. Éviter le souligné. Une seule colonne dans le texte, pas de pagination, pas de saut de ligne entre les paragraphes, pas de retrait de la première ligne (utiliser juste le tabulateur pour commencer un nouveau paragraphe). Règles de ponctuation : pas d’espace avant la virgule et le point, pas d’espace entre les parenthèses et le segment qu’elles encadrent, un espace avant et après les autres signes (point-virgule, deux points, point d’interrogation, point d’exclamation). Les citations : Les citations jusqu’à 3 lignes seront à insérer dans le texte entre guillemets français (« »). Les citations à l’intérieur d’une citation seront entre guillemets anglais (“ ”). N’utilisez pas d’italiques pour les citations. Les citations dépassant 3 lignes seront détachées du corps du texte, sans guillemets (Times New Roman 9 / interligne simple / pas de retrait). Les notes de bas de page : Utilisez le système continu, tel qu’il est automatiquement proposé par Word. Police Times New Roman 9 / interligne simple / texte justifié à gauche, pas de retrait. C) Mise en forme des références bibliographiques La liste des références bibliographiques (classées par ordre alphabétique) sera précédée du titre BIBLIOGRAPHIE (Times New Roman 11 / majuscules / caractères gras / LETTRES CAPITALES) et correspondra aux modèles suivants : Dans le corps du texte : (KOCOUREK 1991 : 105) ou KOCOUREK (1991 : 105), si le patronyme de l’auteur est syntaxiquement engagé. Dans les références bibliographiques : Pour un ouvrage : NOM Prénom (date de publication), Titre, Lieu d’édition, Maison d’édition, pagination. Exemple : KOCOUREK Rostislav (1991), La langue française de la technique et de la science, vers une linguistique de la langue savante, Wiesbaden, Oscar Brandstetter Verlag. Pour une contribution dans un ouvrage collectif : NOM Prénom (date de publication), in : NOM Prénom (éd./dir.), Titre, Lieu d’édition, Maison d’édition, pagination. Exemple : GADET Françoise (1999), Le français du XXe siècle, in : CHAURAND Jacques (éd.), Nouvelle histoire de la langue française, Paris, Seuil, p. 583-671. Pour un article de revue : NOM Prénom, « Titre de l’article », Nom de la revue, volume, numéro, date de parution, pagination. Exemple : LAMBERT José, « Production, traduction et importation : une clef pour l’étude de la littérature en traduction », Revue Canadienne de Littérature Comparée, VII, 2, 1980, p. 246˗252. Pour des textes numérisés : Procédez comme pour les autres références. Indiquez à la fin : < adresse URL > [date de consultation]. D) Règles diverses Évitez le gras et le soussigné pour mettre en valeur des éléments du texte, y préférez l’italique. Les italiques seront utilisés pour les titres ou pour des mots dans une langue étrangère à celle du texte ainsi que pour les locutions latines et leurs abréviations (cf. / in / infra / supra / op. cit. / sq. /idem / ibidem). Les tirets (–) que l’on trouve dans les dialogues ou dans des propositions incises, se distinguent des traits d’union (-) utilisés dans les mots composés (touche « 6 » en haut du clavier). Les tirets longs sont obtenus en appuyant simultanément sur les touches control + - (sur le clavier numérique) ou Alt + 0150 (sur le clavier numérique) et sont suivis d’un espace insécable. Les siècles seront écrits en chiffres romains : XXe siècle.
Nome del contatto: 
Giuseppe Sofo
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Giuseppe Sofo
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Data di inizio o data limite dell'evento: 
31/08/2026
Città dell'evento: 
Parigi
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Appels à contribution
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XVᵉ Journée de la Francophonie - Écrire Queer : une pratique (trans)sexuelle, (trans)littéraire et (trans)langue

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La XV Giornata della Francofonia si propone di proseguire la lunga e prestigiosa tradizione del Dipartimento di Lingue e Letterature Straniere dell'Università di Verona, che ogni anno organizza incontri dedicati alle letterature francofone. Prevista per il 19 marzo 2026, questa giornata mira a interrogarsi sul concetto particolarmente complesso di Queeritude e sulle modalità con cui le “filosofie queer” attraversano e trasformano le letterature e le culture di lingua francese.
Queer, una parola strettamente legata alla rivolta di Stonewall (1969), ma anche a una serie di movimenti che hanno coinvolto autori provenienti dalla Francia e dagli spazi francofoni, designa un concetto che si rende intenzionalmente difficile da definire, nella misura in cui esso risponde all'esigenza di rifiutare i modelli dominanti e di sovvertire le norme sociali. Durante la Giornata si esploreranno i temi e il linguaggio di una ricca produzione letteraria sviluppatasi a partire da un termine che possiede innumerevoli sfaccettature: dal mettere in discussione il concetto di identità al fenomeno della Queeritude décoloniale, concetto forgiato all’intersezione tra le teorie postcoloniali e le lotte queer; dal vocabolario che emerge da questo corpus, che comprende nuove pratiche linguistiche e discorsive, alla pluralità delle forme di militanza e attivismo queer in lingua francese, nelle loro espressioni letterarie, artistiche e performative. Il corpus letterario che ci proponiamo di analizzare si basa essenzialmente sul concetto di resistenza, che assume forme diverse nei romanzi, nei saggi e nei fumetti queer. Questi studi permetteranno di mettere in luce uno spazio di scrittura che, con l'obiettivo di promuovere un vivace dibattito – sia esso letterario, politico o sociale – mira a decostruire i modelli normativi, i quali troppo spesso rispondono a un'esigenza di controllo degli individui, e a costruire nuovi racconti attraverso cui si reinventano la letteratura in lingua francese e i suoi immaginari.
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Valeria Averoldi
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valeria.averoldi@univr.it
Segnalato da: 
Valeria Averoldi
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valeria.averoldi@univr.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
19/03/2026
Data di fine dell'evento: 
19/03/2026
Città dell'evento: 
Verona
Tipo di evento: 
Colloques
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Parole chiave: 
Francofonia/Queer/Letteratura

Jean-François Marmontel (1723-1799). Approches critiques renouvelées

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Jean-François Marmontel (1723-1799). Approches critiques renouvelées, sous la direction d'Hélène Cussac, Magali Fourgnaud et Pierino Gallo, Paris, Classiques Garnier, coll. Rencontres, 2026, 520 p., 58 euros

Ce volume met au jour les paradoxes, voire les revirements, d’un auteur influent...

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Segnalato da: 
Pierino Gallo
Email: 
pgallo@unime.it
ISBN: 
978-2-406-18943-5
Collezione: 
Rencontres
Anonyme
Editore: 
Classiques Garnier
Luogo della pubblicazione: 
Paris
Data di pubblicazione: 
Wednesday, February 11, 2026
Data di pubblicazione online: 
Wednesday, February 11, 2026
URL: 
https://classiques-garnier.com/jean-francois-marmontel-1723-1799-approches-critiques-renouvelees.html
Lingua: 
Francese
Parole chiave: 
Marmontel, tricentenaire de la naissance, littérature française, XVIIIe siècle
Sito web di riferimento: 
https://classiques-garnier.com/jean-francois-marmontel-1723-1799-approches-critiques-renouvelees.html

L'Ingenuo di Voltaire

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Voltaire, L'Ingenuo, a cura di Pierino Gallo, Roma, Elliot, coll. Antidoti, 2026, 128 p., 18 euro

Un giovane urone – membro di una tribù indigena del Canada – giunge, in una calda serata estiva, sulle coste della Bretagna. Lì sco­pre le sue origini francesi, si converte al cristianesimo,...

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Sottocategorie: 
Segnalato da: 
Pierino Gallo
Email: 
pgallo@unime.it
ISBN: 
978-88-9276-440-8
Collezione: 
Antidoti
Anonyme
Editore: 
Elliot
Luogo della pubblicazione: 
Roma
Data di pubblicazione: 
Friday, February 13, 2026
Data di pubblicazione online: 
Friday, February 13, 2026
URL: 
https://www.elliotedizioni.com/prodotto/lingenuo/
Lingua: 
Italiano
Parole chiave: 
Voltaire, racconto filosofico, letteratura francese, Illuminismo francese
Sito web di riferimento: 
https://www.elliotedizioni.com/prodotto/lingenuo/

Colloque International « Il ne pouvait que me donner son image » : stylistique de la figuration proustienne

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« Il ne pouvait que me donner son image » : Stylistique de la figuration proustienne. Colloque International 26-27 février 2026 Università degli Studi di Padova, DiSLL Complesso Beato Pellegrino, Via E. Vendramini, 13 35137 Padova Comité Scientifique et d'Organisation : Geneviève Henrot Sostero, Alessandro Metlica, Ludovico Monaci
Programme : 26 février 2026 Aula 2 14h45 Ouverture : Geneviève Henrot Sostero, Alessandro Metlica, Ludovico Monaci Session présidée par Geneviève Henrot Sostero (Università di Padova) 15h00 Mieke Bal (University of Amsterdam) 17h00 Remédiatisations Session présidée par Alessandro Metlica (Università di Padova) Chiara Nifosi (Universidade de Lisboa) Matilde Manara (Università di Catania) Yaejin Yoo (연세대학교 Yonsei University, Seoul) 27 février 2026 Aula 2 9h30 Rhétoriques du regard Session présidée par Alberto Comparini (Università di Bergamo) Stéphane Chaudier (Université de Lille) Hugues Azérad (University of Cambridge) & Marion Schimid (University of Edinburgh) Zied Smat (Université de Tunis El Manar) 11h30 Dispositifs Session présidée par Ludovico Monaci (Università di Padova) Pauline Moret-Jankus (ITEM, Équipe Proust) Luciana Persice Nogueira-Pretti (Universidade do Estado do Rio de Janeiro) 15h00 Images picturales Session présidée par Marika Piva (Università di Padova) Mauro Minardi (Indipendent Scientist) Romain Billet (Université de Tours) 16h30 Images photographiques Session présidée par Luigi Marfè (Università di Padova) Fabio Libasci (Università dell’Insubria) Doriane Molay (Università della Svizzera italiana) Marilena Karra (Université de Toulouse Jean Jaurès)
Nome del contatto: 
ludovico monaci
Email del contatto: 
ludovico.monaci@unipd.it
Segnalato da: 
Ludovico Monaci
Email: 
ludovico.monaci@unipd.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
26/02/2026
Data di fine dell'evento: 
27/02/2026
Città dell'evento: 
Padova
Tipo di evento: 
Colloques
Categoria principale: 
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Revue Nerval, n°11, 2027

Dossier : Nerval et les arts de la mémoire (dir. Jean-Nicolas Illouz, Henri Scepi)

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Appel en deux volets : Varia et dossier thématique, "Nerval et les arts de la mémoire".
Dossier : Nerval et les arts de la mémoire (dir. Jean-Nicolas Illouz, Henri Scepi) « L’aspect des lieux aimés rappelle en moi le sentiment des choses passées », écrit Nerval dans *Promenades et souvenirs* : sous cette formule, on ne peut plus simple, qui dit une expérience, on ne peut plus familière, nous croyons déceler – ce sera l’hypothèse de recherche pour ce nouveau dossier de la *Revue Nerval* – la survivance des anciens arts de la mémoire dans les formes propres du ressouvenir nervalien. Cicéron (*De Oratore*, Livre II, LXXXVI) rapporte que l’invention de l’Art de la mémoire revient au poète Simonide de Céos : celui-ci, attablé avec des convives à un banquet, fut sauvé par Castor et Pollux de l’effondrement du plafond ; revenant sur les lieux, il parvint à identifier les convives défigurés en se rappelant la place qu’ils occupaient autour de la table. Tous les éléments de cette fable font sens : érigée contre la mort qui efface jusqu’aux noms, la mémoire établit une presque gémellité (suggérée par le couple des demi-jumeaux Castor et Pollux) entre le passé et son ressouvenir ; mi-humaine (Castor est fils d’un mortel) mi-divine (Pollux est fils de Zeus), elle fait naître des images qui expriment à la fois le devenir mortel de l’événement et sa ressaisie idéale dans l’esprit. Toutefois, Simonide tira surtout une conséquence pratique de son expérience : remarquant que les souvenirs ont pour ancrage des lieux et que la mémoire prend appui sur des configurations de l’espace, il déduisit un art (une *technè*) propre à exercer cette faculté humaine : pour se remémorer un fait ou la partie d’un discours, l’orateur devra imaginer des emplacements distincts, attacher à chaque lieu une image, et, en passant mentalement d’un lieu à l’autre, déployer, d’image en image, l’ordre des faits et l’ordre du discours dans l’art de la parole. L’image est filée de manière très suggestive : « Les emplacements, où sont conservées les idées, sont la tablette de cire, et les images, les lettres qu’on y trace », écrit Cicéron. Depuis l’ouvrage fondateur de France A. Yates, *L’Art de la mémoire*, plusieurs études ont entrepris déjà de déplacer ce dispositif mnémonique des âges de l’éloquence, antérieurs à l’invention de l’imprimerie, à la littérature elle-même : aux arts rhétoriques de la mémoire succèderaient donc des arts poétiques de la mémoire, ceux-ci conservant comme la rémanence inconsciente de ceux-là. L’œuvre de Nerval nous semble permettre de déployer cette hypothèse selon plusieurs directions : **1. Une expérience spatiale du temps** Si peu d’œuvres associent aussi étroitement l’espace et le temps que celle de Nerval, celle-ci peut nous inviter, très concrètement, à prendre à la lettre la métaphore architecturale sur laquelle s’appuient les arts de la mémoire dès lors que l’orateur, pour produire son discours, est amené à édifier en lui-même une « maison intérieure » qu’il parcourt mentalement de pièce en pièce. La chaumière ou le château ; la ruine ou la bibliothèque ; les fouilles archéologiques de Pompéi ou les rues de Paris ; les lieux de la mémoire individuelle ou ceux de la mémoire nationale (la Basilique de Saint-Denis, le château de Saint-Germain, Châalis, Ermenonville, etc.), spatialisent la perception nervalienne du temps et dessinent les linéaments d’une cartographie intérieure, fécondant le souvenir. Plus largement, le paysage, quel qu’il soit, dans sa réalité la plus concrète comme dans sa valeur affective la plus secrète, balise l’espace de la mémoire. Il nous faudra revenir sur le Valois nervalien, qui est à tous égards une terre de mémoire : la mémoire personnelle et affective, la mémoire collective et historique, ou encore la mémoire d’outre-mémoire des mythes, quand, dans les strates géologiques du territoire, se découvrent des grottes, des souterrains, ou des roches-témoins, valant comme autant de cryptes inconscientes, où s’élaborent le mythe personnel des enfants du feu. De la même façon que l’orateur qui s’aide des arts de mémoire est invité à circuler mentalement d’un lieu à l’autre de sa « maison intérieure », le point de vue qu’adopte le narrateur nervalien sur le paysage est un point de vue mobile : s’y dessine un parcours, qui n’est plus cependant le parcours réglé dont découle un discours ordonné de l’orateur, mais un parcours en caprices et zigzags, fantasque ou fantasmatique, où la promenade se change en errance et l’errance en divagation, selon la loi d’un « déplacement » qui fait s’équivaloir le mouvement physique du corps dans l’espace et les « lignes d’erre » de la psyché. **2. Mémoire et histoire** La réflexion sur les arts de la mémoire nous invitera à reconsidérer sur nouveaux frais le discours historiographique qui sous-tend les rêveries ou divagations nervaliennes. La spatialisation du temps (que critiquera Bergson, mais qui demeure chère à Bachelard) fait éclater l’illusion d’un continu de l’histoire. Nerval relève, tout au long de ses périples, des traces du passé, mais des traces éparses, hétéroclites, comme les fragments d’une totalité perdue ou les reflets diffractés d’une origine absente. Nerval, dirait Walter Benjamin, est un « chiffonnier de l’histoire » : il emprunte à tout ce qui vient, rencontré au hasard des chemins ou bien parmi les livres des bibliothèques, faisant de chaque trace un indice, – et recyclant sans fin les chiffons en papiers. D’autre part, le modèle des arts de la mémoire implique que le passé lui-même, en tant qu’objet de remémoration, a cessé d’être seulement passé : il devient affaire, non d’une saisie objective comme le voudrait l’historien, mais d’un travail inconscient dont le lieu est le présent où se forme le souvenir. On pourra donc étudier un Nerval historien « benjaminien » en quelque sorte, un Nerval historien de différents « lieux de mémoire » (Pierre Nora), un Nerval archéologue (du passé et de l’inconscient), mais aussi, par exemple encore, un Nerval folkloriste du Valois, pour qui les chansons perdues de l’enfance ne gagnent rien à être « patrimonialisées » si elles ne demeurent l’enjeu d’une recherche poétique vivante, pour le présent et l’avenir. **3. Philosophies de l’image mémorielle** Aux formes du discours historique portés par les arts de la mémoire, on ajoutera une réflexion sur les enjeux philosophiques que comportent ceux-ci, et qui se maintiennent quand on passe des arts rhétoriques du passé à certaines poétiques modernes de l’écriture. De quelle nature, en effet, est « l’image » que l’orateur dépose mentalement en chaque « lieu » de sa « maison intérieure », pour qu’éclose, par elle et en ce lieu, le souvenir ? Dans une perspective néoplatonicienne, très active dans les réemplois des arts de la mémoire à la Renaissance, cette image conduit vers l’Idée ; et Nerval s’en souvient directement quand il évoque le *Second Faust* de Goethe, lui-même construit, comme *La Divine Comédie*, sur le modèle des arts de la mémoire : Faust parcourt, comme autant de « lieux », les spirales du temps, et, à chaque cercle, il rappelle, comme autant d’images mentales, des archétypes éternels, ramenant ainsi le fantôme d’Hélène des limbes de l’oubli à la lumière de la vie. Le récit d’*Aurélia* quant à lui s’appuie sur le modèle, lui aussi néo-platonicien, de la *Vita nova* que Dante présente explicitement comme un lieu particulier (la « rubrique ») du « livre de (sa) mémoire », où il va évoquer, non pas les « choses » elles-mêmes, mais leur « sens » : de la même façon, Nerval tente d’élucider symboliquement l’histoire d’amour et de mort qui fut la sienne ; mais l’idéalisme platonicien repris à Dante se brouille dans le récit d’une expérience qui n’est plus seulement l’expression d’une folie amoureuse interprétable « à plus haut sens », mais l’expression de failles psychiques propres au sujet moderne, conscient aussi des déterminismes historiques qui ont marqué son existence. Autre piste : en retravaillant l’intertextualité du *Songe de Poliphile* dans l’œuvre de Nerval, on pourra montrer comment l’art des jardins, très codé philosophiquement à la Renaissance, fait l’objet, dans *Sylvie* ou *Aurélia*, de réemplois secrets qui disséminent son message philosophique, le rendant, non moins intense, mais plus incertain. **4. Écritures de la mémoire** Enfin, le modèle des arts de la mémoire, transposé à la littérature elle-même, invite à faire de l’écriture un espace propre, que le narrateur, comme l’orateur autrefois, parcourt en faisant de chaque « lieu » du texte le conservatoire d’une ou de plusieurs « images », et de ces images le germe d’un souvenir et le principe d’un récit. Il faudra donc s’intéresser cette fois à des dispositifs d’écriture. Dans le théâtre de Nerval, les changements à vues ne sont-ils pas comme autant de lieux propices à l’éclosion d’images, qui creusent le souvenir en remontant l’ordre du temps ? Ne peut-on prendre à la lettre le motif du « château » dans *Petits châteaux de Bohême*, et voir alors dans cette forme fantaisiste d’une autobiographie poétique la recherche d’une écriture de soi qui composerait moins avec la vérité qu’avec l’illusion ? On pourra revenir sur « l’autobiographie spirituelle » qui sert de modèle au récit d’*Aurélia*, livre de mémoire autant que livre de deuil. Le défilé des chapitres dans *Sylvie* n’est-il pas conçu comme un parcours de lieux, suscitant des images, qui, selon maints détails, qui insistent et se répètent, diffractent le récit de souvenir ? Une piste encore : l’architecture du recueil des *Chimères* n’est-elle pas, sur la page et selon l’ordre du recueil, celle d’un « temple » de papier, édifié selon un art de la mémoire à usage tout personnel, – et déployé pour quel Sens ? Jean-Nicolas Illouz & Henri Scepi **Indications bibliographiques (sur les arts de la mémoire)** BOLZONI, Lina, *La Chambre de la mémoire* [1995], Genève, Groz, 2005. GENDREL, Bernard, *Les Voies de la mémoire. Chateaubriand, Balzac, Huysmans*, Paris, Hermann, 2015. ILLICH, Ivan, *Du lisible au visible : la naissance du texte. Un commentaire du Didascalicon de Hugues de Saint-Victor*, trad. Jacque Mignon, Paris, Cerf, 1991. ROSSI, Paolo, *Clavis Universalis* [1960], Grenoble, Jérôme Million, 1993. ROUBAUD, Jacques, *L’Invention du fils de Léoprepes (poésie et mémoire)*, Paris, Circé, 1993. YATES, Frances A., *L’Art de la mémoire* [1966], trad. Daniel Arasse, Paris, Gallimard, 2022. ZANONE, Damien, « Art de la mémoire et sens du passé. D’un usage des jardins chez Rousseau et Chateaubriand », dans Frédéric Charbonneau et Marie-Paule de Weerdt-Pilorge (dir.), *Le Passé composé*, Paris, Classiques Garnier, 2020, p. 277-293. --- Les propositions d’articles, pour les Varia comme pour le dossier, doivent nous parvenir avant le 1er avril 2026, sous la forme d’un résumé de 1500 signes environ, assorti d’une courte biobibliographie. Pour les propositions retenues, les articles eux-mêmes doivent nous être remis, sous forme de fichiers électroniques, au plus tard au 1er septembre 2026. Le numéro 11 de la Revue Nerval paraîtra en avril 2027.
Nome del contatto: 
Jean-Nicolas Illouz
Email del contatto: 
jean-nicolas.illouz@wanadoo.fr
Segnalato da: 
Benoît Monginot
Email: 
benoit.monginot@unito.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
01/04/2026
Città dell'evento: 
Parigi
Tipo di evento: 
Appels à contribution
Categoria principale: 
Sottocategoria: 
Parole chiave: 
Arts de la mémoire, Nerval

Colloque international: Innocent Gentillet entre droit, histoire et théologie : une pensée au-delà de l’anti-machiavélisme

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Colloque international visant à porter un regard renouvelé sur une des grandes figures de la pensée politique huguenote, le juriste de Vienne Innocent Gentillet, auteur du célèbre Discours sur les moyens de bien gouverner (1576).
Connu de manière significative sous le titre d’Anti-Machiavel, le Discours sera mis dans le contexte plus vaste, et encore peu étudié, de l'autre production de Gentillet. Ses idées, son style, son lexique parfois vraiment nouveau seront mis en valeur, grace à la collaboration de spécialistes tels José Luis Egío, Paul-Alexis Mellet, Norbert Campagna, Mona Garloff, Giacomo Sanavia, Lorenzo Comensoli Antonini, Rémi Faivre-Faucompré, Roberto Ganau, Arnaud Le Gonidec. Colloque international, à Padoue, Università degli Studi, Dipartimento di studi linguistici e letterari, en collaboration avec il Gruppo di studio sul Cinquecento francese, il Centro studi intermediali sul Rinascimento (SIRiO), l'Université de Genève, IHR Université Paris 8.
Nome del contatto: 
Anna Bettoni
Email del contatto: 
anna.bettoni@unipd.it
Indirizzo postale: 
Università degli Studi di Padova, Dipartimento di Studi linguistici e letterari Complesso Beato Pellegrino, aula 2 - via suor Elisabetta Vendramini, 13 - I - 35137 Padova (Italie)
Segnalato da: 
Anna Bettoni
Email: 
anna.bettoni@unipd.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
12/02/2026
Data di fine dell'evento: 
13/02/2026
Città dell'evento: 
PADOVA
Tipo di evento: 
Colloques
Categoria principale: 
Parole chiave: 
Gentillet, Innocent; Machiavelli, Niccolò

Montaigne et ses routes vers les autres et vers l’ailleurs

Winter School "Intrecci 8" - Verità e finzione

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Dans le cadre de la Winter School “Intrecci 8” du Doctorat en Langues et Littératures Étrangères de l’Université de Vérone, consacrée cette année au dialogue fécond entre vérité et fiction dans la littérature et le débat critique, la journée consacrée à la littérature française – organisée par Rosanna Gorris Camos – propose une réflexion sur Montaigne à travers le prisme du voyage, de l’altérité et de l’ailleurs.
Intitulée "Montaigne et ses routes vers les autres et vers l’ailleurs", cette Journée d’études veut explorer les multiples dimensions – géographiques, culturelles, anthropologiques et poétiques – du voyage, tel qu’il se déploie notamment dans le "Journal de voyage" et dans les "Essais". Le voyage y apparaît à la fois comme expérience concrète et comme pratique intellectuelle, comme mise à l’épreuve du regard et comme ouverture critique à la diversité du monde. Les interventions de spécialistes internationaux mettront en lumière l’art de voir, les modes de figuration du paysage et les formes d’interaction entre le sujet voyageur et l’altérité, en soulignant la tension constante entre observation du réel et élaboration discursive. Présidée par Rosanna Gorris Camos, présidente du Gruppo di studio sul Cinquecento francese, la rencontre se déroulera mercredi 28 janvier 2026, et accueillera les contributions de Frank Lestringant (Sorbonne Université), Frédéric Tinguely (Université de Genève), Nina Mueggler (Université de Neuchâtel) et Rosanna Gorris Camos (Université de Vérone). Frank Lestringant est Professeur émérite de littérature française à l’Université Paris-Sorbonne (https://sup.sorbonne-universite.fr/auteur/lestringant). Il est l’auteur de nombreux livres sur Michel de Montaigne, parmi lesquels nous signalons : Le Brésil de Montaigne. Le Nouveau Monde des « Essais » (1580-1592) (Chandeigne, 2005) ; « Je suis moi-même la matière de mon livre ». Lecture du livre III des Essais (Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2016) et l’édition de Des Coches (Essais, III, 6) parue chez Classiques Garnier en 2022. Il vient d’écrire un nouveau livre sur le Voyage qui paraîtra prochainement aux Belles Lettres. Frédéric Tinguely est Professeur ordinaire à l’Université de Genève, où il enseigne la littérature française des XVIe et XVIIe siècles (https://www.unige.ch/lettres/framo/enseignants/corps-professoral/frederic-tinguely). Parmi ses principales publications nous signalons : Le voyageur aux mille tours. Les ruses de l’écriture du monde à la Renaissance (Honoré Champion, 2014) ; Le fakir et le Taj Mahal : l’Inde au prisme des voyageurs français du XVIIe siècle (La Baconnière, 2011) ; L’Ecriture du Levant à la Renaissance : enquête sur les voyageurs français dans l’Empire de Soliman le Magnifique (Droz, 2000) ; Un libertin dans l’Inde moghole : les voyages de François Bernier (1656-1669) (Chandeigne, 2008) ; la traduction des Sonnets de l’Arioste récemment parue aux éditions Verdier (https://www.fabula.org/actualites/126848/l-arioste-sonnets-trad-f-tinguely.html), ainsi que l’anthologie bilingue des poétesses du Cinquecento à paraître toujours chez Verdier en 2026. Nina Mueggler est Professeure assistante en littérature française des XVIe et XVIIe siècles à l’Université de Neuchâtel (https://www.unine.ch/biographie/nina-mueggler). Membre de la Société Internationale des Amies et Amis de Montaigne (SIAAM), elle a publié l’édition critique du Journal de voyage en Italie par la Suisse et l’Allemagne de Montaigne, parue en 2023 (https://www.mollat.com/livres/2946787/michel-de-montaigne-journal-de-voyage-en-italie-par-la-suisse-et-l-allemagne?affId=240625). Son livre « Bon pays de France ». Enjeu national et joutes poétiques sous le règne de François Ier (Droz, 2023) a obtenu le Prix de la relève du Collegium romanicum de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales et le Prix « Jean Jaurès » de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Rosanna Gorris Camos est Professeur ordinaire de littérature française à l’Université de Vérone (https://www.dlls.univr.it/?ent=persona&id=937). Elle dirige de nombreux projets de recherche consacrés à la littérature du XVIe siècle, est Présidente du Gruppo di studio sul Cinquecento francese (https://www.cinquecentofrancese.it/) et membre de la “Montaigne Studies” Association. Elle a consacré plusieurs études sur Montaigne, parmi lesquelles Le gui, l’hellébore et le dictame crétois : la philosophie des plantes chez Montaigne (« Montaigne Studies », 34/1-2, 2022, pp. 125-140), « J’essaye de soustraire ce coing à la tempeste publique, comme je fay un autre coing en mon ame » (II, 15, 617) : Montaigne e le guerre di religione, frammenti di una riflessione (in Montaigne, penser en temps de guerres de religions, Garnier, 2021, pp. 323-359) et « Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre. C’est la meilleure munition que j’aye trouvé à cet humain voyage » (III, 3, 827-828) : Montaigne et la paix dans le regard (in L’esthétique de la paix, « Revue Italienne d’Etudes Françaises », 2026, 15, pp. 1-25), ainsi que le volume Penser les plantes à la Renaissance : Montaigne, Joubert et Peletier du Mans (sous presse).
Nome del contatto: 
Rosanna Gorris Camos
Email del contatto: 
rosanna.gorris@univr.it
Indirizzo postale: 
Università degli Studi di Verona, Palazzo di Lingue, via San Francesco 22
Segnalato da: 
Luca Elfo Jaccond
Email: 
lucaelfo.jaccond@univr.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
28/01/2026
Data di fine dell'evento: 
28/01/2026
Città dell'evento: 
Verona
Tipo di evento: 
Séminaires et conférences
Categoria principale: 
Parole chiave: 
Montaigne, voyage, altérité, ailleurs, regard, Essais, Journal de voyage

AàC : Le cap du deuxième roman : enjeux stylistiques, littéraires, éditoriaux

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Colloque International : "Le cap du deuxième roman : enjeux stylistiques, littéraires, éditoriaux". Sapienza Université de Rome, 17-18 septembre 2026
« Le deuxième livre est le plus difficile à écrire », affirmait Jérôme Lindon, patron des Éditions de Minuit, connu pour refuser systématiquement (ou presque) le second opus des primo-romanciers de son écurie. Anticipant les écueils à venir, l’écrivain (et futur éditeur) Jean-Marc Roberts avait, quant à lui, réfléchi à la question dès sa première publication et trouvé un moyen ingénieux de contourner l’obstacle : ne pas écrire de deuxième roman et passer directement au troisième ! Ce ne sont là que deux témoignages, notoires, mettant au jour une réalité tout aussi notoire : le passage du premier au deuxième livre, et plus particulièrement du premier au deuxième roman, constitue un cap symbolique décisif, venant confirmer ou infirmer un début (plus ou moins) prometteur, et pouvant marquer de ce fait aussi bien l’essor que l’arrêt d’une carrière d’écrivain·e. Cependant, à la différence du premier roman, phénomène pleinement institutionnalisé et ayant déjà attiré l’attention des spécialistes de littérature contemporaine (voir Faerber & André 2005 ; Legendre & Abensour 2012), et contrairement aux « premières œuvres », étudiées dans une perspective comparatiste et diachronique (voir Cotro & al. 2014), ou aux « œuvres de jeunesse » (voir Vidotto 2021, 2022, 2023, à par. ; Knop & al. 2024), le deuxième roman n’a, jusqu’à aujourd’hui, fait l’objet d’aucune discussion scientifique au sein de l’Université. Il suffit cependant de parcourir la presse quotidienne ou les revues littéraires spécialisées (sans parler des sites et blogs internet dispensant des conseils aux aspirant·e·s écrivain·es) pour constater l’intérêt qu’il suscite auprès des acteur·ices du débat littéraire (journalistes, critiques et autres relais culturels). Bien qu’il ne s’agisse, dans la plupart des cas, que de brefs articles rappelant sommairement les défis concrets et symboliques du deuxième roman, ainsi que les poncifs qu’il charrie, ces attestations mettent au jour un ensemble de questionnements qui demandent à être explorés de façon rigoureuse. Le présent colloque souhaite donc inaugurer un nouveau chantier de recherche et opérer une première récognition des caractéristiques (internes et externes) ainsi que des divers enjeux propres au deuxième roman. Nombreuses sont les pistes d’analyse et les implications théoriques, ainsi que méthodologiques, qui s’offrent aux chercheur·ses. Un premier angle d’observation pourrait aborder des problématiques d’ordre discursif. Il apparaît en effet que, s’il correspond indéniablement à un référent extralinguistique, (l’ouvrage faisant suite, chronologiquement, à une première publication), le deuxième roman ne se configure pas moins comme un « objet de discours » (Grize 1990), c’est-à-dire une entité construite et transformée par la façon dont le discours s’en saisit. Les mots, les expressions, les images auxquels les critiques, les éditeur·ices et les écrivain·es recourent pour parler des deuxièmes romans forment des faisceaux qui non seulement certifient la « présence » (Perelman & Olbrechts-Tyteca 1958) de cet objet dans l’univers discursif, mais véhiculent un ensemble de représentations symboliques partagées. À titre d’exemple, les désignations hyperboliques liées à l’isotopie de la maladie (« syndrome »), du défi (« écueil », « épreuve », « Everest »), ou du sortilège (« malédiction »), apparaissant régulièrement sous la plume des journalistes littéraires, alimentent un imaginaire de la difficulté et de la crainte que relaient également les propos des auteurs et autrices. Dans ceux-ci, la référence aux sentiments d’insouciance ayant accompagné l’écriture du premier livre s’oppose à l’idée d’une conscientisation du travail effectué pour le deuxième, voire à la peur de la réception dérivant de l’inévitable comparaison avec les débuts, surtout si ceux-ci ont été salués voire primés. Il sera donc intéressant de se pencher sur ces données discursives, dans le but d’identifier des paradigmes (isotopiques et/ou thématiques) de désignation et d’argumentation, éclairant la façon dont le deuxième roman est appréhendé par les instances du champ littéraire, mais aussi d’évaluer dans quelle mesure cet « interdiscours » (Charaudeau & Maingueneau, 2002 : 324) se répercute, de façon explicite ou implicite, sur l’évolution des postures (Meizoz 2007 ; 2011) voire des pratiques littéraires auctoriales. Thématisée de façon récurrente, la relation de nature corrélative entretenue avec le premier opus suscite aussi, et surtout, des interrogations internes aux œuvres, d’ordre stylistique et littéraire : y aurait-il, à l’instar de l’« après-coup narratif » évoqué par un critique (Faerber 2024), un après-coup stylistique du premier roman, marquant ou pesant sur les choix rédactionnels ultérieurs ? Comment se matérialise, dans l’écriture, la transition du premier opus, « qui vous tombe dessus sans qu’on choisisse rien », au « parcours volontaire », pour reprendre les mots de François Bon, sous-tendant la construction d’une carrière ? Deux macro-tendances peuvent être esquissées, en guise d’hypothèses de recherche : 1. Une tendance « continuiste » : le passage du premier au deuxième roman se marquerait par une (relative) homogénéité stylistique, ainsi que par la reconduction d’un même schéma narratif ou d’une même orientation thématique et générique. Par exemple, le deuxième ouvrage d’Annie Ernaux, Ce qu’ils disent ou rien (1977), prolonge – avec de légères variations – l’expérience scripturale de son premier roman, Les Armoires vides (1973), caractérisée notamment par le choix de la fiction autobiographique ainsi que par un travail poussé sur la représentation de l’oralité populaire. 2. Une tendance « discontinuiste », consistant à contourner voire à se détourner des sentiers initialement battus. Cette attitude peut se manifester à travers un changement de style (Philippe 2021 ; Bertocchi-Jollin & Linarès 2020) patent – tel Jean-Baptiste Del Amo, troquant dans Le Sel (2011) la prose flamboyante de son premier roman (Une éducation libertine, 2009), contre une écriture très dépouillée – ou un abandon des cadres formels et génériques exploités initialement ; ainsi Nicolas Mathieu, délaissant le polar (Aux animaux la guerre, 2014) au profit d’un roman plus nettement social (Leurs enfants après eux, 2016), ou Marin Fouqué, embrassant l’éclatement du roman choral dans G.A.V. (2022), après le monologue à une voix de 77 (2019). Nous ne faisons ici que proposer une modélisation grossière et polarisée : entre ses deux extrêmes se déploient, bien évidemment, une infinité de nuances et de tensions (Philippe 2024) qu’il sera intéressant d’interroger. Ce volet stylistique et littéraire appellera tout aussi bien des études de cas, focalisées sur un auteur ou une autrice, un ou plusieurs deuxièmes romans (dans une perspective comparative ou contrastive), voire un phénomène stylistique, que des approches plus surplombantes, permettant de faire apparaître des constantes, des orientations plus transversales concernant l’évolution de la langue littéraire contemporaine (voir Reggiani 2022), d’un genre narratif ou d’un objet thématique. Ces deux premiers axes de réflexion se laissent utilement compléter par une approche sociologique. Inscrit, comme toutes les manifestations artistiques, dans un champ de production spécifique, le deuxième roman aimante également des considérations externes aux textes littéraires, qui entrent en résonance avec des phénomènes étudiés par les sociologues de la littérature. Parce qu’il constitue un moment charnière dans une trajectoire auctoriale tout juste inaugurée, le deuxième roman nous paraît fonctionner comme un miroir de concentration, dans et par lequel se donnent à observer, tout d’abord, les processus qui sous-tendent l’entrée en littérature (Chassain et al. 2024) et le « devenir-écrivain » (Heinich, 2000), mais aussi les mécanismes de reconnaissance et les instances de consécration (Ducas 2013 ; English 2005). Plus largement, le prisme du deuxième roman invite à prolonger, voire à infléchir, les analyses déjà menées autour de la « fabrication » de l’auteur (Luneau & Vincent 2010), des logiques de « visibilité et de découvrabilité » des œuvres (Brouillette & Lefort-Favreau 2025) ainsi que des politiques éditoriales, tiraillées entre les diktats du « marketing du livre » (Deseive & Poggioli 2006) et le désir d’indépendance (Lefort-Favreau 2021). La prise en compte des logiques socio-économiques qui régissent le monde de l’édition et le marché du livre, des circuits de diffusion, de valorisation et de promotion par lesquels se réalise le « partage du littéraire » (Jeusette 2025) implique également d’examiner les conditions présidant à la traduction et à la circulation des deuxièmes romans, en l’occurrence entre la France et l’Italie : combien de deuxièmes romans français sont-ils traduits en italien ? Au vu de quelles considérations (littéraires, commerciales, éditoriales) les éditeur·ices soutiennent-ils (ou pas) la traduction d’un deuxième roman (par rapport notamment à un premier opus) ? Ces quelques pistes de réflexion, nullement exhaustives ni exclusives, témoignent de la complexité ainsi que du potentiel heuristique de notre objet. À la fois aimant et agent révélateur, le deuxième roman attire et invite à repenser des enjeux primordiaux pour les études littéraires, tout en contribuant à révéler les mécanismes plus généraux (économiques et symboliques) qui régissent la littérature telle qu’elle s’écrit (ses orientations stylistiques, génériques, thématiques, esthétiques), mais aussi telle qu’elle s’édite, se lit, se traduit aujourd’hui, au sein d’un espace mondialisé (Sapiro 2007 ; 2024) et en perpétuelle redéfinition. *** Les communications pourront s’inscrire dans l’un des trois volets (discursif, stylistique et littéraire, sociologique) indiqués ci-dessus, ou bien proposer des perspectives méthodologiques complémentaires, susceptibles d’enrichir l’appréhension du deuxième roman. Si, par ses caractéristiques et les interrogations qu’il soulève, notre objet participe tout naturellement des recherches sur la littérature contemporaine de langue française, nous souhaitons élargir l’empan chronologique de notre manifestation. Des contributions portant sur des auteur·ices et des périodes antérieures (XIXe et XXe siècles notamment) seront ainsi d’autant plus bienvenues qu’elles permettront, d’une part, d’historiciser les considérations stylistiques, littéraires ou éditoriales relatives au deuxième roman et, d’autre part, de dégager un éventuel « effet de catégorie » et d’en évaluer la pertinence dans la perspective de l’histoire littéraire. Les propositions rédigées en français et ne dépassant pas les 500 mots, sont à envoyer à Ilaria Vidotto (ilaria.vidotto@uniroma1.it) d’ici le 30 mars 2026 (date limite). À l’issue de l’évaluation des propositions, une notification d’acceptation sera envoyée avant le 15 avril 2026. Le colloque aura lieu à l’université La Sapienza de Rome, les 17-18 septembre 2026. Les actes du colloque seront réunis dans un dossier thématique de la revue Romanesques, à paraître au printemps 2027. Comité scientifique : Aurélie Adler (UPVJ), Laurent Demanze (Université Grenoble-Alpes), Frédéric Martin-Achard (Université Jean Monnet, Saint-Étienne), Estelle Mouton-Rovira (Université Bordeaux-Montaigne), Christelle Reggiani (Sorbonne Université), Martine Vangeertruijden (Sapienza Université de Rome), Dominique Viart (Université Paris-Nanterre), Ilaria Vidotto (Sapienza Université de Rome) Pistes bibliographiques « “À qui parler de ses problèmes de virgule, sinon ?” : trois écrivaines issues des masters de Création littéraire », table ronde avec Shane Haddad, Anne Pauly et Lucie Rico, animée par Adrien Chassain, dans A. Adler (dir.), Une décennie de littérature en France (2010-2021) : déplacements de la critique et de la narration, Colloques Fabula, 2024, https://www.fabula.org/colloques/document12210.php. M.-O. André, J. Faerber, « Premiers romans, deuxièmes romans », Collateral, 8 septembre 2024, https://www.collateral.media/post/premiers-romans-deuxi%C3%A8mes-romans. B. J. Bellini, « Tradurre l’extrême contemporain: il romanzo francese in Italia (2005-2015) », Allegoria, n. 81, https://www.allegoriaonline.it/PDF/1247.pdf. M. Bertrand, K. Germoni, A. Jauer, Existe-t-il un style Minuit ?, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2014, https://books.openedition.org/pup/8811 F. Bon, Limite, Le Tiers livre, https://tierslivre.net/spip/spip.php?article2242. O. Cornuz, D’une pratique médiatique à un geste littéraire. Le livre d'entretien au XXe siècle, Droz, 2016. G. Bois, « Des degrés et des formes d’investissement. La notion d’illusio confrontée au cas d’écrivains très peu reconnus ». 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Segnalato da: 
Ilaria Vidotto
Email: 
ilaria.vidotto@uniroma1.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
15/01/2026
Data di fine dell'evento: 
30/03/2026
Città dell'evento: 
Roma
Tipo di evento: 
Colloques
Categoria principale: 

La dimension “étrangère” du texte: entre réception littéraire et représentation culturelle

Riassunto dell'annuncio: 
L'appel vise à investiguer la question de la dimension étrangère du texte littéraire.
La question de la dimension étrangère du texte littéraire — ou, plus précisément, la focalisation sur l’expérience de l’altérité, sur ce que nous définissons comme «autre» — véhiculée à travers des stratégies rhétoriques, des choix linguistiques et des conditionnements culturels, constitue l’un des champs critiques les plus stimulants qui ont, au fil du temps, traversé les études de littérature comparée. Si l’un des objectifs principaux de la littérature comparée est l’étude de la dimension «autre» présente dans un texte et dans les pratiques d’écriture qui le caractérisent, on comprend combien la réflexion sur les œuvres étrangères peut nourrir la recherche comparatiste dans une perspective critique précisément centrée sur la réception littéraire des textes étrangers. Il s’agit ici de revenir sur la portée novatrice exercée par une esthétique de la réception qui, théorisée par Hans Robert Jauss et Wolfgang Iser dans le cadre du projet développé par l’École de Constance au cours des années 1960 et 1970, a de fait remis en cause l’autonomie du texte littéraire, en valorisant la dimension relationnelle qui relie le texte au public des lecteurs, à l’historicité, ainsi qu’à la composante phénoménologique qui caractérise l’écriture [R. T. Segers, 1997]. Cette position théorique a d’ailleurs été reprise et déclinée dans les années 1980 aux États-Unis dans le cadre du Reader-Response Criticism, lequel a mis en avant les aspects pragmatiques de la littérature et a replacé la question de la réception littéraire au cœur d’un intérêt privilégié pour les dimensions socio-culturelles de la communication littéraire et pour les phénomènes d’identification qui s’instaurent entre le lecteur et l’œuvre [...]. (voir appel sul le site: https://www.iulm.it/speciali/interartes/home/)
Nome del contatto: 
Laura Brignoli
Email del contatto: 
laura.brignboli@iulm.it
Indirizzo postale: 
Università IULM Milan
Segnalato da: 
Laura Brignoli
Email: 
laura.brignboli@iulm.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
30/07/2026
Città dell'evento: 
Milan
Tipo di evento: 
Appels à contribution
Categoria principale: 
Parole chiave: 
réception, traduction, études comparées, imagologie, odéporique

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