
Les universités européennes commencèrent à s’intéresser aux études
québécoises au début des années 1960, à l’ère des grands chambardements
sociaux. Le Québec vivait pleinement sa Révolution tranquille,
Marie-Claire Blais remportait le Médicis, Réjean Ducharme était en lice
pour le Goncourt, Michel Tremblay scandalisait avec ses Belles-sœurs,
Robert Charlebois faisait vibrer l’Olympia de Paris, l’Exposition
universelle de Montréal attirait des millions de visiteurs. Comme en
Europe, la jeunesse s’agitait et rêvait d’un monde meilleur. La culture
en général, la littérature en particulier, intéressait alors les
chercheurs européens, curieux de (re)découvrir cette société française
d’Amérique, désireuse de s’affirmer et de prendre sa place.
Pendant près d’un demi-siècle, faire des études québécoises était
synonyme de faire des études en lettres québécoises. Or, de nouvelles
collaborations interuniversitaires se sont depuis concrétisées de part
et d’autre en Europe. Bien que les études littéraires demeurent
probablement le noyau principal des études québécoises sur le territoire
européen, l’émergence de champs d’expertises aussi pointus que
diversifiés forcent à redéfinir ce qu’est la circulation du savoir
québécois dans le monde. De plus, de nouveaux impératifs ont vu le
jour, les humanités n’ont plus la cote qu’elles avaient en 1960,
l’université s’est modifiée en fonction des besoins du marché, l’Europe
s’est réunie, toute une nouvelle dynamique d’un monde universitaire en
mutation tient désormais compte de facteurs inexistants, il y a à peine
cinquante ans.
C’est à un coup d’œil sur le passé et à un regard sur l’avenir que le
Centre interuniversitaire italien d’études québécoises (CISQ) et la
Délégation du Québec à Rome convient les québécistes italiens et
européens de toute discipline dans le cadre des « 1ers États généraux
des études québécoises en Italie & Perspective européenne ». C’est
une occasion exceptionnelle d’évaluer le chemin parcouru et d’imaginer
des stratégies à adopter dans un futur rapproché. La présence de
directeurs de centres de recherche en études québécoises de l’Italie et
de toute l’Europe est vivement souhaitée, lesquels pourraient rendre
compte des activités qu’ils ont tenues, faire part des facilités et
difficultés qu’ils ont rencontrées et des perspectives qu’ils
entrevoient.
Ces 1ers États généraux des études québécoises en Italie &
Perspective européenne se tiendront à l’Université de Bologne, première
et seule université à accueillir en ses murs le siège administratif d’un
centre interuniversitaire en études québécoises à l’étranger. Suivant
cet exemple fédératif, les États généraux souhaitent - aux termes des
travaux - voir la création d’un réseau de chercheurs européens en études
québécoises.
Les propositions de communication seront écrites en français et reçues
avant le 30 mai 2012 et évaluées par le Comité scientifique. Vous pouvez
proposer une communication ou obtenir des informations supplémentaires
en vous adressant à l’adresse suivante :
diplingmod.cisq@unibo.it