
Les Mille et une nuits sont présentes partout
dans le monde, dans diverses langues sous diverses formes. Cependant,
même si l’œuvre appartient aujourd’hui au patrimoine universel, il
existe deux espaces culturels ou linguistiques qui entretiennent avec
les Nuits, chacun à sa manière, un rapport particulier: le monde arabe; le domaine français.
Le rapport au monde arabe s’impose en effet par la profusion des textes
manuscrits, sources premières du livre, et s’inscrit dans un mouvement
littéraire assez original, fortement créatif, mais tout à fait
compréhensible dans le contexte qui était le sien. Du côté français, la
relation relève, elle, d’un contact vivifiant: l’introduction à partir
de 1704 d’une œuvre nouvelle, d’un genre nouveau, en dépit du
terme «conte» qui la qualifie, qui ne cessera dès lors de se
transformer, de susciter en langue française ou à partir du français une
production littéraire et artistique tous azimuts. C’est précisément cet
aspect, installé dans la longue durée, du début du XVIIIe jusqu’à aujourd’hui, que l’on va développer comme objet du présent colloque, qui se tiendra à Bologne, du 17 au 19 septembre 2014.