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Faire la Cité. Création et gouvernance des imaginaires urbains

Résumé de l'annonce: 
Appel à contribution pour le colloque "Faire la Cité. Création et gouvernance des imaginaires urbains", organisé le jeudi 26 et vendredi 27 avril 2012 à l’université Rennes 2 en partenariat avec l’ENSAB, École d’architecture et la Maison de Science de l’Homme de Bretagne

La ville en général, et chaque ville en particulier, sollicite un
imaginaire peuplé de légendes, d’images, de représentations. Ces
imaginaires ne sont pas aléatoires, mais leur construction est difficile
à cerner, car le concept d’imaginaire est polysémique, tantôt lié à la
subjectivité de tout un chacun, tantôt traduisant une représentation du
monde partagée par une association d’images qui font sens. C’est
l’imaginaire social qui rend possible l’institution de l’individu comme
individu social, apte à la vie en société, par la participation à des
significations collectives (Cornélius Castoriadis). L’imaginaire peut
ainsi se comprendre comme un ensemble d’images fondatrices qui
permettent la compréhension, voire la médiation du sujet avec le monde
environnant. Le partage, avec d’autres, des mêmes images structurantes
connecte le sujet au social et l’inscrit dans une intertextualité, dans
une interaction aussi, qui constitue et maintient le groupe (Michel
Maffesoli). S’il est difficile de circonscrire les imaginaires, c’est
alors la production des images et représentations qui s’inscrit
désormais jusque dans les agendas institutionnel et politique afin
d’influer sur une adhésion, voire une identification avec le groupe,
avec le parti, avec la Cité. Longtemps abandonnée aux entrepreneurs
culturels, l’image des villes a aujourd’hui ses spécialistes et fait
l’objet de politiques spécifiques, ce qu’il est convenu d’appeler le
marketing territorial (l’influence de Richard Florida dans le management
des villes moyennes aux Etats-Unis est ici exemplaire). Si l’on
constate depuis les années quatre-vingt-dix un « virage culturel »
(Frederic Jameson) dans le discours sur la société jusque dans son
fonctionnement économique, il serait important de clarifier les
différentes strates de la construction de ces imaginaires urbains dans
une lecture critique des pratiques culturelles, aussi bien que
politiques et économiques afin de comprendre comment ces représentations
influent sur, voire produisent une identification avec le lieu,
renforçant ainsi le lien social.

S’il est sans doute naïf de souscrire à une vision démocratique ou
égalitaire de droit à faire la Cité, il est tout aussi réducteur de
réserver celle-ci à une production maîtrisée par quelques communicants
et décideurs. Ne faudrait-il pas plutôt entendre ici le politique dans
le sens que Jacques Rancière a voulu donner à ce lieu de rencontre entre
gouvernance et formes d’émancipation ? Car, la Cité, faisceaux de
relations sociales, comme le souligne André Sauvage, se fonde sur des
actes et symboles capables de conforter, voire de susciter des
imaginaires qui instaurent de l’identité. Jean-Jacques Rousseau
soulignait déjà : « Le vrai sens de ce mot s’est presque entièrement
effacé chez les modernes ; la plupart prennent une ville pour une Cité
et un bourgeois pour un citoyen. Ils ne savent pas que les maisons font
la ville mais que les citoyens font la Cité. »  Ainsi, l’attention sera
portée, dans ce colloque, sur la construction (Patrick Bouchain) : des
lieux et des occasions d’échange, des rapports et des savoirs, des
images à defaut des imaginaires, insaisissables. Car, construire pour
lui, c’est construire ensemble, c’est aussi comprendre le processus
complexe qui va de l’idée au passage à l’acte, en architecture,
politique, urbanisme, art. Il est à cet égard intéressant d’observer la
production artistique et culturelle qui, depuis plusieurs décennies
procède à une ouverture de la pratique sur des processus, permettant une
plus grande accessibilité à la création jusque dans des formes d’un «
nouvel art public ». Si les artistes inventent d’un côté de nouveaux
usages pour les œuvres, ils travaillent également à un redécoupage des
récits historiques et idéologiques, en insérant les éléments qui les
composent dans des scénarios alternatifs. Il s’agit dans ces projets de
formes plus ou moins interactives capables de stimuler l’émergence de
nouveaux imaginaires, en proposant des espaces de négociation entre le
réel et la fiction, entre récit et commentaire. Reste à analyser si et
comment la création peut produire un imaginaire qui ne serait pas
immédiatement instrumentalisé par l’économique (Luc Boltanski et Eve
Chiapello), et si et comment les imaginaires urbains contribuent à faire
la Cité, à constituer un espace public. Car la Cité implique aussi les
faisceaux de relations sociales et de services, les aspects d’identités,
constituant cet ensemble de liens sociaux, de responsabilités croisées
qui œuvrent à un vivre ensemble plus ou moins réussi.

L’objectif du présent projet est de proposer une analyse
pluridisciplinaire à l’échelle internationale de la création et de la
gouvernance de l’imaginaire urbain afin de préciser les attendus et
perspectives de la CIté. Ce colloque souhaite d’instaurer un regard
croisé entre les recherches en sciences humaines et sociales sur la Cité
et la création artistique. Comment les acteurs artistiques
articulent-ils la Cité, comment travaillent-ils les notions de la
représentation, de la participation, de la créativité ? Comment peut-on
articuler création et gouvernance de l’imaginaire ? Peut-on gouverner
l’imaginaire ? Si l’art, la création et l’image ne pose qu’un cadre,
comment peuvent-ils œuvrer en tant que passeurs ? Nous encourageons les
contributions émanant des champs disciplinaires des Sciences humaines et
sociales et des Arts, dans une perspective transdisciplinaire capable
de répondre aux problématiques évoquées.

Les mots clés sont :
- La Cité, l’espace public
- Participation, public authorship
- Création des imaginaires, représentation et identité
- Gestion et autogestion, politics of place
- Dire la ville, faire la cité

Colloque labelisé MSH, équipe d’accueil Arts : pratiques et poétiques
(EA 3208), programme de recherche Pratiques artistiques, société et
urbanité. Interactions, limites et interférences, sous la responsabilité
de Denis Briand et Marion Hohlfeldt, université Rennes 2.
Responsable scientifique : Marion Hohlfeldt
Commité scientifique : Catherine Guy (urbaniste, Rennes 2), Dominique
Jézéquellou (architecte, ENSAB Rennes), Christian Le Bart (politiste,
Rennes 1), Malcolm Miles (sciences culturelles, University of Plymouth),
André Sauvage (science humaines et sociale, Rennes 2), Olga Schmedling
(historienne de l’art, IFIKK, University of Oslo).

Veuillez adresser un résumé ne dépassant pas les 2000 signes pour le 20 février 2011, avec votre nom, fonction et contact à marion.hohlfeldt@univ-rennes2.fr

Suggéré par: 
Nancy Murzilli
Courriel: 
nancymurzilli@gmail.com
Date de début ou date limite de l'événement: 
20/02/2012
Ville de l'événement: 
Rennes
Type d'événement: 
Appels à contribution
Catégorie principale: 
Nom du contact: 
Marion Hohlfeldt
Courriel du contact: 
marion.hohlfeldt@univ-rennes2.fr