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XIX secolo

Corbière & Cie

Riassunto dell'annuncio: 
Seconda giornata del Convegno: "Corbière et Cie" in occasione dell'anniversario della nascita e della morte del poeta.
Il Convegno "Corbière et Cie", in collaborazione tra l'Università di Firenze e l'Université Sorbonne Nouvelle, si è svolto in due giornate. La prima giornata si era tenuta a Firenze, Institut Français, il 21 febbraio 2025. La seconda giornata si terrà a Parigi, presso la Sorbonne Nouvelle, il 14 novembre prossimo. Il Convegno ha avuto il sostegno dell'Université Franco-Italienne e della Société des Etudes Romantiques et Dix-neuvièmistes.
Nome del contatto: 
Michela Landi
Email del contatto: 
michela.landi@unifi.it
Indirizzo postale: 
Dipartimento DILEF-Via della Pergola 60-50121 Firenze
Segnalato da: 
Michela Landi
Email: 
michela.landi@unifi.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
14/11/2025
Data di fine dell'evento: 
14/11/2025
Città dell'evento: 
Paris
Tipo di evento: 
Colloques
Categoria principale: 
Sottocategoria: 
Parole chiave: 
Tristan Corbière, poesia, fin de siècle

Frontières et clandestinités littéraires : plagiats, contrefaçons, apocryphes dans l'Europe du XIXe siècle

Rilune. Revue des littératures européennes, vol. 20, 2026

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Le nouveau numéro de Rilune (vol. 20, 2026) se penche sur toute forme de clandestinité littéraire ou éditoriale (plagiat, contrefaçon, textes apocryphes, pseudonymes, anonymes) au XIXe siècle, à travers le prisme de la circulation européenne des livres, des textes et des imaginaires. Le volume s'interroge en particulier sur les rapports entre les formes de clandestinité littéraire et le statut romantique du poète, à la fois sujet inimitable et expression suprême du génie national.
Frontières et clandestinités littéraires : plagiats, contrefaçons, apocryphes dans l’Europe du XIXe siècle sous la direction de Michele Morselli Le nouveau numéro de Rilune (vol. 20, déc. 2026) souhaite revisiter la notion de « clandestinité » littéraire dans l’Europe du XIXe siècle, pour mettre en lumière la circulation internationale des textes et des imaginaires à l’aube de la littérature contemporaine. La « clandestinité » doit être conçue littéralement, comme activité en marge ou en violation des lois. Elle peut concerner l’identité de l’auteur, échappant aux mailles de la censure (textes pseudonymes ou anonymes) ; la production du texte, ce dernier état le plagiat ou le prolongement non autorisé d’un autre ouvrage ; sa réception, le lectorat étant la dupe d’attributions frauduleuses de l’ouvrage de la part de l’éditeur (textes apocryphes). Si la littérature est une “marchandise” qui peut attirer des ennuis à son propriétaire ou que l’on vole pour s’enrichir, les clandestinités littéraires révèlent leur puissance poétique surtout lorsque confrontées aux frontières des littératures nationales. Malgré l’infraction du principe d’originalité qui, depuis l’époque romantique, constitue le premier garant de la littérarité du texte, la clandestinité des auteurs et de leurs ouvrages présuppose une littérature qui échappe à tout prétendu génie national, et qui circule librement dans l’Europe entière par ses formes, ses pratiques, ses thèmes. Les études de Robert Darnton (Censors at Work, 2014 ; Pirating and Publishing, 2021) ont mis en évidence que la circulation de textes clandestins est cruciale pour la diffusion de la culture non seulement dans l’Ancien Régime français, mais dans l’Europe des Lumières. Pendant et après la Restauration, la relative libéralité de la censure à l’égard du livre nous encourage néanmoins à intégrer la notion juridique de « clandestinité » avec la nouvelle sensibilité romantique. Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, le « sacre de l’écrivain », selon la formule chère à Paul Bénichou, fait écho au « sacre du sujet » (Alain Vaillant, Dictionnaire du romantisme, 2012-2023), opérant une révolution esthétique de portée copernicienne. L’originalité n’est plus seulement l’émanation d’un principe législatif, ni la garantie d’une propriété intellectuelle que l’auteur, personne morale, doit protéger, mais la précondition de toute littérarité, puisque expression unique du soi. En même temps, le nouveau siècle est marqué par un « triomphe du livre » (Lyon, Le Triomphe du livre, 1987), qui jure avec l’originalité de l’écrivain. Des études comme celle de James Smith Allen (Popular French Romanticism, 1981) ont depuis longtemps dépeint l’activité éditoriale effrénée des débuts du XIXe siècle (Durand, Glinoer, Nyssen, Naissance de l’éditeur, 2008 ; Lyon-Caen, La Lecture et la vie, 2006). Dans les cabinets de lecture (Parent-Lardeur, Lire à Paris au temps de Balzac, 2e éd., 1999), des abonnés de presque tout milieu social attendent avec impatience la parution de nouveaux romans. Pour satisfaire la voracité du lectorat, le marché ne peut que contrevenir au « sacre du sujet », produisant fébrilement une littérature « à la manière de » Scott, Radcliffe ou Pigault-Lebrun. Aux côtés des futurs protagonistes de la querelle romantique, des faiseurs de romans aujourd’hui oubliés multiplient les pseudonymes pour diversifier les catalogues ; ils présentent des œuvres originales sous forme de traductions libres d’auteurs à la mode ou plagient des passages d’autres romans ; ils exploitent le succès de vaudevilles ou de mélodrames, jusqu’à en transposer entièrement la matière dans leurs propres textes. Comme la célébration de l’originalité romantique passe également par les contraintes industrielles d’une littérature de masse, des pratiques comme le plagiat, la contrefaçon, la pseudonymie ou l’anonymat se prétendent clandestines puisqu’elles violent les principes d’authenticité et de spontanéité que présuppose le pacte avec le nouveau lectorat romantique. D’après les Questions de littérature légale (1812-1828) de Charles Nodier, le franchissement de la frontière entre imitatio et plagiat, tribut et vol, est d’autant plus grave lorsque la victime est un auteur « moderne et national ». Sans parler des dommages économiques du plagiat (Godefroid, Aspects inconnus et méconnus de la contrefaçon en Belgique, 1998), Nodier paraît aussi sous-entendre que le concept de contrefaçon peut s’étendre aux mouvements culturels, aux modèles littéraires et aux formes narratives. En effet, le romantisme a consacré l’écrivain non seulement comme sujet, mais aussi comme expression suprême du génie national, dans le sillage du Literarischer Nationalismus. Le “vol” de pratiques, de thèmes, d’imaginaires littéraires se manifeste lorsque le génie national s’impose par son altérité irréproductible : « Une traduction, ou même une imitation exacte », écrit Constant à propos de son Wallstein (1809), tiré de la trilogie de Schiller, « était impossible », tandis que, vingt ans plus tard, Vigny avoue n’avoir joué qu’un « prélude de Shakespeare » dans sa traduction d’Othello (1827). À la circulation internationale de modèles, formes et thèmes correspond souvent la circulation clandestine de textes, leur attribution douteuse, sinon leur vol. Songeons à la prolifération européenne des apocryphes napoléoniens, bien avant et longtemps après la publication du Mémoriel de Sainte-Hélène (1823). C’est également le cas de la circulation de la Vera istoria di due amanti infelici, édition pirate des Ultime lettere di Jacopo Ortis (1802), ou de l’influence – authentique – qu’un faux comme l'œuvre d’Ossian (1760) a pu avoir sur la vie littéraire européenne, de Goethe à Leopardi. Songeons également à l’engouement pour les vampires (Sangsue, « Les vampires littéraires », 1989), mode romantique qui invite néanmoins à la mystification littéraire sous plusieurs formes : récit de Polidori attribué à Byron, The Vampyre (1819) est prolongé par le roman Lord Ruthwen (1820), attribué à tort à Charles Nodier, qui adapte néanmoins le texte de Polidori en mélodrame (Le Vampire, 1820). Les contributions mettant en lumière toute forme de clandestinité littéraire ou éditoriale, à travers le prisme de la circulation européenne des livres, des textes et des imaginaires, seront les bienvenues. Un intérêt particulier est porté à la première moitié du XIXe siècle, époque marquée par la codification de pratiques poétiques et éditoriales, ainsi que civiques et politiques, qui résonnent encore aujourd’hui. Cependant, des propositions faisant référence à des périodes historiques et littéraires adjacentes sont également encouragées. Nombre de phénomènes littéraires de la première moitié du XIXe siècle trouvent leurs racines au XVIIIe et perdurent jusqu’au début du XXe : nous songeons aux imitations et aux suites de romans comme Le Paysan parvenu (1734-1735) sous l’Ancien Régime ou à la présence de Herlock Sholmes chez Maurice Leblanc, sans oublier les plagiats qui émaillent la littérature populaire de la seconde moitié du XIXe siècle, comme L’assassinio di rue Saint-Roch (1860-1861) d’Alexandre Dumas, plagiat d’Edgar Allan Poe paru (en italien) dans L’Indipendente. Les propositions (500 mots max.), en français, anglais ou italien, doivent être soumises au plus tard le 12 décembre 2025 à l’adresse diplingmod.rilune@unibo.it, avec copie à M. Michele Morselli (michele.morselli3@unibo.it). Les propositions doivent également inclure une brève notice bio-bibliographique (150 mots max.). Les articles, rédigés en français, anglais ou italien, ne doivent pas dépasser 40 000 caractères, espaces compris, et seront soumis à une évaluation en double aveugle. Les normes éditoriales de la revue, que nous demandons de bien vouloir respecter scrupuleusement, sont disponibles sur le site web de Rilune à l’adresse suivante (https://rilune.org/index.php?option=com_content&view=article&id=273&Itemid=141). NB. Pour les versions anglaise et italienne de l’appel, veuillez visiter le site de Rilune https://rilune.org/index.php?option=com_content&view=article&id=272&Itemid=140. Calendrier Clôture de l’appel : 12 décembre 2025 Avis du comité scientifique : fin décembre 2025 Soumission des articles : 1er juin 2026 Retour des évaluateurs : 15 juillet 2026 Soumission des articles corrigés : 1er octobre 2026 Parution : novembre 2026
Nome del contatto: 
Michele Morselli
Email del contatto: 
michele.morselli3@unibo.it
Segnalato da: 
Michele Morselli
Email: 
michele.morselli3@unibo.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
12/12/2025
Città dell'evento: 
Bologna
Tipo di evento: 
Appels à contribution
Categoria principale: 
Parole chiave: 
plagiats, contrefaçons, apocryphes, pseudonymes, anonymes, romantisme

Journées d’études Chateaubriand

La Leçon de Jean-Claude Berchet - La critique aux XXe et XXIe siècles

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La Leçon de Jean-Claude Berchet (3 octobre 2025) La critique aux XXe et XXIe siècles (4 octobre 2025)
Philippe Berthier (Le biographe) ; Jean-Claude Bonnet (Ses protocoles de lecture et d’écriture, sa diction) ; Béatrice Didier (La question autobiographique) ; Table ronde (sur les Voyages et les récits de voyages) animée par Gérard Gengembre avec Philippe Antoine, Alain Guyot, Sarga Moussa ; Diaporama consacré à Jean-Claude Berchet ; Entretien de Jean-Claude Bonnet avec Guy Berger. Arlette Girault-Fruet (L’œuvre de Marie-Jeanne Durry) ; -Sébastien Baudoin (Jean-Pierre Richard et la critique thématique) ; -Gérard Gengembre (L’œuvre de Pierre Barbéris) ; Olivier Tort (Chateaubriand, homme politique) ; Laetitia Saintes (Les études sur la presse et les pamphlets) ; Tables rondes sur les perspectives nouvelles de la critique et sur les chantiers en cours
Nome del contatto: 
Aurelio Principato
Email del contatto: 
aprincipato@uniroma3.it
Segnalato da: 
Aurelio Principato
Email: 
aprincipato@uniroma3.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
03/10/2025
Data di fine dell'evento: 
04/10/2025
Città dell'evento: 
Paris
Tipo di evento: 
Colloques
Categoria principale: 
Sottocategoria: 
Parole chiave: 
Chateaubriand - Jean-Claude Berchet - Critiques XXe-XXIe siècles

The Balzac Review / Revue Balzac

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The Balzac Review / Revue Balzac
Revue dirigée par Francesco Spandri

2025, n° 8 - Écologies/Ecologies
Sous la direction de Göran Blix et Andrea Goulet

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Parole chiave: 
écocritique, temps profond, environnement, non-humain
Sottocategorie: 
ISSN formato cartaceo: 
2646-2044
TItolo del numero: 
Écologies/Ecologies
Categoria principale: 
Email: 
francesco.spandri@uniroma3.it
Direttore(i) scentifico(i): 
Francesco Spandri
Editore: 
Classiques Garnier
Data di pubblicazione: 
Wednesday, July 16, 2025
Luogo della pubblicazione: 
Paris
Segnalato da: 
Francesco Spandri

Le pouvoir du médecin au XIXe siècle

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Avec les progrès de la biologie, de la chirurgie et la mise en place progressive de politiques de santé, la médecine est discipline reine au temps du scientisme. Des médecins acquièrent une aura légitimée par leurs publications et leur médiatisation. Le discours médical fait autorité et son...

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Categoria principale: 
Segnalato da: 
Michela Landi
Email: 
michela.landi@unifi.it
ISBN: 
978-2-406-18678-6
Collezione: 
Carrefour des Lettres Modernes-Lettres modernes Minard
Anonyme
Editore: 
Classiques Garnier
Luogo della pubblicazione: 
Paris
Data di pubblicazione: 
Wednesday, August 20, 2025
Data di pubblicazione online: 
Wednesday, August 20, 2025
URL: 
https://classiques-garnier.com/le-pouvoir-du-medecin-au-xixe-siecle.html
Lingua: 
Français
Parole chiave: 
médecine et littérature; roman du XIXe siècle; Balzac; Zola; Bichat; Flaubert; Chateaubriand; Bourget; Gautier; Du Camp
Sito web di riferimento: 
https://classiques-garnier.com/le-pouvoir-du-medecin-au-xixe-siecle.html

OEuvres complètes XIX-XX: Les Natchez, éd. Morgane Avellaneda et Pierino Gallo, prés. Benjamin Hoffmann

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OEUVRES COMPLÈTES, XIX XX : LES NATCHEZ
Édition établie par Morgane Avellaneda et Pierino Gallo. . Avec une présentation de Benjamin Hoffmann
CHATEAUBRIAND

Débutés à la veille de la Révolution et annoncés en 1801 dans la préface d’Atala, Les Natchez paraissent pour la première...

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Categoria principale: 
Segnalato da: 
Pierino Gallo
Email: 
pgallo@unime.it
ISBN: 
978-2-7453-6348-0
Collezione: 
TEXTES DE LITTERATURE MODERNE ET CONTEMPORAINE
Anonyme
Editore: 
Honoré Champion
Luogo della pubblicazione: 
Paris
Data di pubblicazione: 
Friday, June 27, 2025
Data di pubblicazione online: 
Friday, June 27, 2025
URL: 
https://www.honorechampion.com/fr/editions-honore-champion/13334-book-08536348-9782745363480.html
Lingua: 
Francese
Parole chiave: 
Chateaubriand (François-René), Natchez, Bon Sauvage, épopée en prose, roman noir
Sito web di riferimento: 
https://www.honorechampion.com/fr/editions-honore-champion/13334-book-08536348-9782745363480.html

Conférence en ligne : Exploration d’une ère historique finissante et d’une aube politique naissante : "L'Indipendente", créé et dirigé par Dumas entre 1860 et 1864.

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Conférence en ligne : Exploration d’une ère historique finissante et d’une aube politique naissante : "L'Indipendente", créé et dirigé par Dumas entre 1860 et 1864.

Alvio Patierno, professeur à l'université Suor Orsola Benincasa de Naples, présentera en visio son travail sur L'...

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Categoria principale: 
Segnalato da: 
Alvio Patierno
Email: 
alvio.patierno@unisob.na.it
Anonyme
Parole chiave: 
Dumas - Journalisme - Naples
URL del sito: 
https://www.dumaspere.com

Journée d'études "Tout est faux!"

Groupe International de Recherches Balzaciennes

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Journée d'études du GIRB (Groupe International de Recherches Balzaciennes) "Tout est faux!" vendredi 20 juin 2025 La Maison de Balzac (Paris)
« TOUT EST FAUX ! » (BALZAC) Évidente et paradoxale à la fois, la question du « faux » hante le roman balzacien, confronté au défi de « faire vrai » , et surtout de le faire valoir, à une époque où « tout est faux » , ou du moins le semble. Omniprésente au XIXe siècle, cette obsession pour le faux dans tous ses états – matériel, économique, scientifique, social, médiatique, littéraire, artistique, philosophique, juridique… – justifie l’intérêt que la recherche dix-neuviémiste a déjà manifesté pour ce qui pourrait être l’un des maux du siècle. En janvier 2013 s’est notamment tenue, dans le cadre des activités de la SERD, une journée d’études sur « Le faux au XIXe siècle », co-organisée par Agathe Novak-Lechevalier et Nicolas Wanlin , et présentée par Philippe Hamon, qui reprendra cette question dans Puisque réalisme il y a (2015) . Loin d’être une affaire réglée, la question du faux peut cependant être envisagée à partir de deux nouveaux cadrages épistémiques, définis par un moment (contemporain) et un corpus (balzacien), susceptibles d’apporter des éclairages inédits à cette problématique. Reposer aujourd’hui cette question invite en effet à repartir d’un concept qui a fait date dans l’histoire et la pensée du faux : en 2016, en plein Brexit et au cœur de la campagne présidentielle ayant élu Donald Trump à la tête de la Maison Blanche, l’Oxford English Dictionary sacre « mot de l’année » le terme de post-truth (« post-vérité »), qui, sans être inusité , se dote d’une résonance inouïe, au point de passer pour un symptôme du contemporain. Or l’insignifiance du « partage devenu inessentiel entre le vrai et le faux » sous la montée des fakes news, des réalités alternatives et du storytelling, fondés sur « l’efficacité du “faire croire” » carburant au pathos – avec ce que ce brouillage implique d’angoisse liée à l’effondrement de la vérité sous les apparences et de désir nostalgique d’un retour au vrai et au réel –, fait écho à des processus déjà en germe chez Balzac et décortiqués par le romancier, comme l’entrée dans l’ère médiatique, la manipulation de l’opinion, l’effondrement des croyances et des grands récits collectifs ouvrant la voie aux narrations fallacieuses. Sans succomber aux sirènes des lectures anachroniques ou téléologiques, ce « mot de l’année » donne des clefs pour lire à nouveaux frais cet autre « mal du siècle » qu’est le faux, de même que l’acuité avec laquelle le problème se pose chez Balzac permettrait de réinsérer « l’ère de la post-vérité » dans l’histoire des tensions liées au faux, à la fois produit et producteur de crises, dont le XIXe siècle constituerait un jalon essentiel. Expression d’une inquiétude non exempte de jubilation, pirouette rhétorique qui n’exclut pas le vertige éthique, « Tout est faux ! » fait office de diagnostic à partir duquel on examinera les multiples façons dont le texte balzacien prend en charge les modalités, les symptômes et les effets d’un faux omniprésent et polymorphe. L’enjeu est d’autant plus central que cet effort émane d’une œuvre qui prétend dire et faire vrai, et dont la valeur épistémique, esthétique et éthique dépend de la place réservée à la question du faux. La surchauffe autour du faux émane d’abord de la tension entre trois paradigmes contradictoires, que les interventions pourront étudier séparément ou conjointement : I. La conviction d’une différence ontologique entre le vrai et le faux, partant de l’infériorité morale de ce dernier, confie au roman balzacien une mission de discrimination, censée aboutir au partage du vrai et du faux, de la vérité et des apparences, de la réalité et des simulacres, dont les visées sont épistémiques (faire la part des faux savoirs, des « fausses images », des « fausses sciences », mais aussi des prétendues fausses pseudosciences ), politiques (proclamer l’existence d’un « seul vrai pouvoir, la Royauté », contre « le plus faux […] pouvoir, le pouvoir dit parlementaire »), éthiques, religieuses, voire métaphysiques (décrier les « faux dogmes » « à la lueur de deux Vérités éternelles »). Tout l’enjeu est de déterminer quelles instances disposent de ce savoir et de ce pouvoir sur le faux , de l’ordre également d’un savoir-faire et d’un pouvoir-dire : il ne s’agit pas simplement de connaître le faux en théorie, mais de savoir reconnaître ses innombrables avatars sous la multitude des apparences ; dire le faux ne vaut que si le locuteur dispose de l’autorité suffisante pour le dire et le faire entendre . À mi-chemin entre nostalgie envers un passé de certitudes et réponse à l’illisibilité du présent, ce partage apparemment tranché du vrai et du faux n’empêche pas d’observer dans les faits une série de renversements hiérarchiques et de retournements axiologiques. Le roman balzacien oscille entre d’un côté critique de l’inquiétant ascendant du faux sur un « Vrai qui va boitant », et de l’autre reconnaissance de son pouvoir heuristique : dans les « raisonnements les plus faux » de Louis Lambert se « rencontr[ent] encore des observations étonnantes sur la puissance de l’homme, et qui imprimaient à sa parole ces teintes de vérité sans lesquelles rien n’est possible dans aucun art ». De là une Comédie humaine prise entre maintien de l’antithèse et pratique d’une dialectique, pensée comme une démarche pour trouver le vrai à l’épreuve du faux : telle est la sagesse ironique de la Physiologie du mariage, qui recommande de « plaider à chaque instant le faux pour savoir le vrai, le vrai pour découvrir le faux ». Si le chiasme introduit une circulation entre les termes, il n’implique pour autant pas leur indifférenciation, qui surgit ailleurs dans l’œuvre. II. Parallèlement à la thèse différentialiste, il existe aussi chez Balzac la conscience historique d’une interchangeabilité, sinon d’une équivalence, entre le vrai et le faux dans la société contemporaine, allant jusqu’à leur confusion, leur dissolution l’un dans l’autre. La rêverie hallucinée de Vendramin, dont la consommation d’opium ne suffit plus à embellir la Venise réelle, pourrait dire quelque chose du regard porté par Balzac sur la société elle aussi moribonde de 1830 : « j’arrive à l’aurore de la tombe, où le faux et le vrai se réunissent en de douteuses clartés qui ne sont ni le jour ni la jour, et qui participent de l’un et de l’autre ». Présent et vérité ne sortent pas indemnes de la Révolution et de l’effondrement des transcendances morales et métaphysiques , remplacées par une contingence et un relativisme frayant le chemin à cette équivalence maintes fois reprise dans La Comédie humaine, « Tout est vrai, tout est faux ! ». Cette indifférenciation à trois branches (l’équivalence du vrai et du faux, l’indistinction entre le vrai ou le faux, l’insignifiance de ce partage à l’heure où il n’y a plus ni vrai ni faux) ouvre deux voies. D’une part, le relativisme sophistique d’un Canalis, d’un Blondet, d’un Lousteau, peut devenir fécond sur les plans épistémique et esthétique à partir du moment où la suspension des catégories du vrai et du faux permet moins d’œuvrer pour soi que de penser contre soi et hors de soi. À la confusion rhétorique du vrai et du faux, au service des intérêts, se substitue leur synthèse dans une œuvre où l’indétermination devient « le symbole du génie » bilatéral, qui empêche de trancher « entre Clarisse et Lovelace, entre Hector et Achille » et donne tort et raison à Alceste comme à Philinte . Ainsi l’œuvre de Balzac, d’autre part, fait-elle de l’indifférenciation entre vrai et faux l’occasion d’un apprentissage, celui d’une relativité heuristique, comme le suggère un excursus de la Physiologie du mariage, où se joue la bascule de la pente « sophistique » à une pensée philosophique, quasi phénoménologique, de la pluralité des rapports au réel : Celui qui a dit : Tout est vrai et tout est faux, a proclamé un fait que l’esprit humain naturellement sophistique interprète à sa manière, car il semble que les choses humaines aient autant de facettes qu’il y a d’esprits qui les considèrent. Ce fait, le voici : Il n’existe pas dans la création une loi qui ne soit balancée par une loi contraire : la vie en tout est résolue par l’équilibre de deux forces contendantes. Une telle mise en perspective du vrai et du faux, relativisés par les faits, les esprits et les lois, invite à préférer à l’hypothèse différentielle une lecture plus situationnelle du faux, envisagé comme jugement, position et perception issus d’une certaine vision du monde, dont il faut prendre connaissance et rendre compte. Aussi vrai et faux, dans cette perspective, se contredisent-ils moins qu’ils ne se complètent. III. Enfin, le parallélisme de l’expression « Tout est vrai, tout est faux » introduit une symétrie entre des notions en réalité loin d’exister à parts égales dans l’espace social. Face à l’inexorable triomphe du faux se dégage de La Comédie humaine une inquiétude doublée de fascination allant croissant, au fur et à mesure que la bourgeoisie s’attèle à une tentaculaire « conspiration contre le vrai » : générateur de faux récits destinés à édifier sa légende , son désir de légitimation n’a d’égal que sa furie de distinction , paradoxalement matérialisée tantôt par ses poses imitatives (pour donner à une politique sans enjeu ni envergure la dignité qu’elle n’a pas, Victorin Hulot, pur produit « fabriqué » par 1830, affecte une « fausse gravité »), tantôt par la masse d’objets aussi faux les uns que les autres dont elle s’entoure – des bibelots en toc de la maison Rogron aux rénovations pleines de faux luxe de l’hôtel Cormon défiguré par Du Croisier, en passant par les faux tableaux de la collection Vervelle. L’indifférenciation du vrai et du faux se double donc d’une invasion du faux, voué à une incarnation historique et concrète distincte du vrai , comme évacué au profit des notions connexes de véracité, de sincérité, d’authenticité ou d’originalité. Cette consécration appelle dès lors une sociologie du faux, qui interrogerait ce que l’essor de la bourgeoisie et de ses valeurs fait au faux et du faux, tant sur le plan des mœurs et des mentalités, que dans le rapport aux choses et aux œuvres d’art, venues répondre à une demande d’identité, de légitimité et de prestige qui alimente, à l’aube de la société de consommation et de la marchandisation de l’art, un foisonnant trafic de faux . Ces trois systèmes pourraient être déclinés selon cinq axes, qui, sans constituer une liste exhaustive, permettraient d’embrasser la diversité du faux chez Balzac, dans ses romans et ses pièces de théâtre, mais aussi sa correspondance et ses œuvres diverses. 1. CARTOGRAPHIER LE FAUX : MOTS, USAGES ET VALEURS DU FAUX L’examen du faux, mot polysémique s’il en est , pourra donner lieu à des études linguistiques et stylistiques : avec quels concepts le faux a-t-il partie liée, sans leur être équivalent ? quels sont les champs sémantiques préférentiels, et quels rapports entretiennent-ils avec les romans et les paliers de La Comédie humaine ? le faux est-il le même dans les Études de mœurs, les Études philosophiques et les Études analytiques, où s’observe une recrudescence de l’acception normative ? Y a-t-il des constructions syntaxiques récurrentes (que dire de la propension à la coordination entre vrai et faux, faux ou vrai ?), des rapprochements lexicaux privilégiés (un sort pourra être fait aux couplages faux/véritable, faux/réel, faux/juste, faux/naturel, inscrivant le faux dans un véritable système de sens et de valeurs) ? que disent ces effets d’alternative, d’ambiguïté et d’indécidabilité de l’ethos narratorial, des points de vue des personnages engagés dans la traque au faux, et de l’univers décrit, qui semble résister à l’entreprise de dévoilement ? L’étude lexico-sémantique est d’autant plus centrale que le fait de nommer le faux suppose une compétence et/ou une éthique désormais loin d’aller de soi, à relier à des questions de réception et de pragmatique. Tout en soulignant les complications engendrées par le brouillage de la frontière entre le vrai et le faux, on pourra se demander qui voit, dit et évalue le faux, au nom de quelles valeurs, et à quels usages et à quelles fins. Son identification est-elle liée à une finalité didactique, soucieuse de guider le lecteur dans le labyrinthe des apparences ? vise-t-elle une connivence entre les rieurs contre les dupes ? au contraire, entérine-t-elle la dépendance du lecteur, condamné à ne voir le faux que lorsque le texte le lui signale ? 2. LE BAL DES FAUX-CULS : FAUX-SEMBLANTS, FAUSSES IDENTITES, CORPS FAUX Réactualisant avec La Comédie humaine la métaphore du theatrum mundi pour se situer au cœur des jeux de rôles et d’acteurs, Balzac scrute avec ardeur cette « société du spectacle » avant l’heure, où le faux pénètre l’ensemble du corps social, jusqu’aux corps des individus eux-mêmes. Dans ce monde où les masques, les poses et les postiches ont pris une importance vertigineuse, on pourra étudier la pragmatique, la sociologie et la sémiologie des échanges faux et faussés, y compris les cas où les personnages se mentent à eux-mêmes ou raisonnent à faux, guidés par le « jésuitisme de la passion ». En prenant soin de distinguer dissimulation (La Fausse Maîtresse), mystification (Un début dans la vie), imposture (Modeste Mignon) et mensonge , à soi comme aux autres, on observera en particulier la façon dont la binarité vrai/faux est posée pour être mise à mal. Souvent intégrés aux scénographies de la fausse identité , notion devenue problématique au XIXe siècle, les accessoires du faux pourraient aussi donner matière à réflexion : faux toupets, faux mollets, faux cheveux, fausses dents, « affreuses et frauduleuses sous-jupes en crinoline », dessinent les contours d’un corps artificiel , porté à son plus haut degré de perfection en Béatrix, véritable « pièce à décor […] prodigieusement machinée ». Image du corps social ou du corps du texte, le corps faux pourra ainsi être envisagé à travers l’éventail de ses potentialités historiques, satiriques, sémiotiques et esthétiques. Ces pistes pourraient aussi être abordées à travers un prisme genré : le faux a-t-il un genre chez Balzac ? À en croire un certain discours misogyne, le faux a visage de femme : « Toute femme ment », et la « poésie artificielle » dont elle se pare serait la preuve de son inhérente fausseté. Mais encore faudrait-il s’entendre sur le mot, comme le souligne Renée de l’Estorade : « Oui ! la fausseté est aussi nécessaire à la femme que son corset, si par fausseté on entend le silence de celle qui a le courage de se taire, si par fausseté l’on entend le calcul nécessaire de l’avenir ». Il s’agira donc de faire la part de l’essentialisation et de la socialisation, des clichés misogynes et des stratégies féminines, dans une société où les rapports déséquilibrés entre les sexes semblent vouer les femmes au faux. 3. FAKE NEWS ! Ère du faux et « civilisation du journal » communient dans l’explosion des fausses informations. Dans la décennie 1830, à travers la mode du « canard » , « un fait qui a l’air d’être vrai, mais qu’on invente pour relever les Faits-Paris quand ils sont pâles », fake news et infox se diffusent par le canal d’une presse peu scrupuleuse de déontologie, qui « tient pour vrai tout ce qui est probable ». On pourra ainsi s’intéresser à la poétique, à la pragmatique et à la sociabilité des fake news, aux rapports entre ses contenus de prédilection et les peurs et fantasmes collectifs, à ses usages ludiques et politiques oscillant entre frivolité et nocivité. Le positionnement du roman balzacien par rapport au journal est d’autant plus capital que la différence entre fiction médiatique et fiction romanesque semble parfois ténue , a fortiori lorsque les supports de publication se confondent. Il ne serait pas inintéressant de se demander s’il existe une porosité entre la littérature au « style faux » et les fakes news publiées côte à côte dans la presse, où le langage semble alors décrocher du souci de la signification et de la référence : c’est dans La Ruche de Provins, organe du clan Tiphaine qui accueillera les diffamations anti-Rogron, que paraissent aussi les « stances mélancoliques, incompréhensibles en Brie, et adressées A ELLE !!! » de Julliard. Par-delà le cas du journal, on s’intéressera à tous les canaux de désinformation, de mésinformation et de manipulation de l’opinion qui se chevauchent dans La Comédie humaine, du plus archaïque (la rumeur) aux plus récents, comme la publicité (César Birotteau) ou le puff (La Maison Nucingen). Les angles pourront être multiples : acteurs, valeurs et supports des fausses nouvelles ; modes de circulation dans l’espace public et privé ; écriture et pouvoir de séduction de l’infox. 4. COPIES, FAUSSAIRES, FALSIFICATIONS, CONTREFAÇONS Envahissant tous les domaines de la vie privée et publique (matérielle, économique, juridique , artistique ), avec pour conséquence le dérèglement de la valeur des mots, des choses et des êtres, le faux s’incarne dans une pluralité d’objets, qui pourront donner lieu à des études séparées ou comparées : fausses lettres de change, fausses monnaies, faux passeports, fausses correspondances, faux testaments, faux bijoux, faux tableaux, auxquels on pourrait ajouter les fausses signatures et les faux témoignages inscrits sur le papier. Tous ces faux mettent en relation des dupes et des faussaires, dont on pourrait tenter de dégager un « type », dans la lignée des travaux de Loïse Lelevé sur cette figure dans le roman européen des XXe et XXIe siècles . Sa lecture deleuzienne du faussaire, « inséparable d’une chaîne de faussaires dans lesquels il se métamorphose », semble opératoire pour comprendre la mise en réseau de ces personnages dans La Comédie humaine, entre lesquels se répartissent les diverses facettes du type. Artiste médiocre condamné au « plagiat », Pierre Grassou devient faussaire malgré lui à la découverte de ses tableaux vieillis et faussement attribués dans la collection Vervelle, garnie par les soins d’Élie Magus, qui tient du faussaire par son intention de tromper dans un but lucratif . Le faux pourra également être abordé à partir de l’angle du récit. Comment raconter le faux ? quelle est sa place dans l’intrigue, et que fait-il à l’intrigue ? à quelles mises en récit les différents types de faux donnent-ils lieu ? Si le faux, parce que le pouvoir qu’il usurpe affecte le réel et appelle une révélation, s’intègre au roman en raison de ses potentialités dramatiques, il a aussi pour effet de brouiller le rythme, les points de vue et la narration. Arrivés à Angoulême, où ils dynamisent le temps de la province, les faux tirés par Lucien dérèglent la narration linéaire, qui croule alors sous les digressions et les documents déréalisant en partie la représentation. La divulgation rétrospective des fausses lettres forgées par Rosalie de Watteville révèle au lecteur l’existence d’une paralipse , donc d’un récit partiel et d’un narrateur partial. Force de désordre et de création, la « puissance du faux » représente ainsi une source d’invention et de perturbation pour les structures du récit balzacien, qui invite par ricochet à interroger les pouvoirs, les limites et les dangers de la fiction, ainsi que, plus largement, sa place et son rôle dans l’activité, la communication et le dispositif littéraires. 5. FAUX, FICTION, LITTERATURE Catégorie logique, esthétique et épistémique, le faux pourra être abordé non plus depuis l’angle des configurations narratives où il intervient comme motif, mais à partir de la question de la fiction, dont il est à la fois proche et distinct. Parce qu’il reprend pour les subvertir les notions de réalité et de vérité, qu’il recoupe les concepts de fabulation et d’affabulation, de mensonge et de contre-vérité, le faux croise les enjeux et les interrogations soulevés par la problématique de la fiction. Trois pistes pourraient être explorées : le dispositif fictionnel ; fiction et société ; la réception du roman balzacien. Bien que se réclamant du vrai, la fiction balzacienne, précisément à cause de son armature véridictive, n’échappe pas à l’écueil du faux, dont l’efficacité dépend de sa capacité à se faire passer pour vrai. Dès lors, c’est tout le dispositif fictionnel balzacien qui tombe sous le coup du soupçon : comment le faux, par sa prétention imitative, affecte-t-il en retour la mimèsis balzacienne ? le récit de faux, parce qu’il met en crise la croyance, ruine-t-il ou renouvelle-t-il le pacte de lecture et de fiction réaliste ? confronté au faux, le narrateur balzacien, prétendument omniscient, n’apparaît-il pas non fiable (lorsqu’il ne montre pas le faux) ou pire, défaillant (lorsqu’il ne démêle pas le vrai du faux) ? quel rapport entretient-il avec ses nombreux personnages de conteurs, de narrateurs, qui nourrissent la fiction de leurs récits ? À partir du moment où la société bourgeoise dissimule les faits réels sous ses faux récits, afin d’imposer sa réalité, partant sa légitimité, comment La Comédie humaine procède-t-elle pour n’être pas elle-même taxée de n’être qu’une narration fallacieuse, une réécriture plutôt qu’un roman du réel ? Pourront être étudiées les voies empruntées par le roman balzacien pour se démarquer des faux récits et débusquer le réel sous les apparences trompeuses. La société du faux engage l’œuvre balzacienne à se positionner en conséquence, par ses romans, ses discours sur le roman ou ses postures narratoriales et auctoriales. La prétention du roman balzacien à « faire vrai », contre « le faux convenu des classiques » et le « faux grandiose de tant de livres contemporains », n’a pas empêché la critique d’estimer que le père du réalisme s’est montré faux (affecté, affabulateur, fautif, falsificateur…), Sainte-Beuve l’un des premiers : Balzac, c’est bien souvent « de l’or mêlé de faux ». Les interventions pourront revenir sur le topos du « Balzac faux », voire du « miracle » d’un « Balzac resté vrai, en dépit du faux », des romans de jeunesse aux textes de la maturité, pour cibler dans son œuvre les foyers du faux (aventures, personnages, imagination, style). Kathia HUYNH * Les propositions de communication, d’une longueur d’environ 300 mots, sont à envoyer avant le 31 janvier aux adresses suivantes : jdebguy@club-internet.fr et kathia.huynh@gmail.com * BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE AGHION, Irène et HELLMANN, Marie-Christine (dir.), Vrai ou faux ? Copier, imiter, falsifier, Paris, Bibliothèque nationale, 1998. BABELON, Martin, « Pierre Grassou ou le jeu du faux », L’Année balzacienne, 1989, p. 261-274. BARDECHE, Maurice, Balzac romancier [1940], Paris, Plon, 1943. BARON, Anne-Marie, Balzac ou l’auguste mensonge, Paris, Nathan, 1998. BAUDRILLARD, Jean, La Société de consommation : ses mythes, ses structures, Paris, Gallimard, 1970. BAUDRILLARD, Jean, Simulacres et simulations, Paris, Galilée, 1981. BIERCE, Vincent, « Canard », in Éric BORDAS, Pierre GLAUDES et Nicole MOZET (dir.), Dictionnaire Balzac, Paris, Classiques Garnier, 2021, t. I, p. 208. BOOTH, Wayne, The Rhetoric of Fiction, Chicago, University of Chicago Press, 1961. 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Francesco Spandri
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Data di inizio o data limite dell'evento: 
20/06/2025
Data di fine dell'evento: 
20/06/2025
Città dell'evento: 
Paris
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Colloques
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Sottocategoria: 
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Balzac

Séduire et éblouir : des stratagèmes amoureux aux travailleuses de la mode

Séminaire en ligne "Le XIXe siècle autour du monde", de la Société des Etudes romantiques et dix-neuviémistes

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La 3e séance du séminaire en ligne « Le XIXe siècle autour du monde » de la SERD, intitulé « Séduire et éblouir : des stratagèmes amoureux aux travailleuses de la mode », aura lieu mercredi 28 mai de 16h30 à 18h30.
Première présentation : Angela di Benedetto (Université de Foggia) - Stratégies et stratagèmes de la séduction de Crébillon fils à Pierre Louÿs (Pise, ETS, 2025). De l’âge d’or de la séduction des sylphes et des génies chez un Crébillon à l’époque de la perte d’innocence des Valmont, des brusques initiatives de jeunes gens grisés par le mythe napoléonien aux stratagèmes des jeunes femmes prolétaires, irrésistibles et dangereuses : à travers l’analyse de textes révélateurs, ce livre explore les stratégies de séduction à l’oeuvre dans les romans. Bien que toutes fassent appel à l’imagination et à la manipulation des systèmes de valeurs et de croyances des victimes, il faut distinguer la séduction de la persuasion et de la fascination. Dans tous les cas c’est un jeu dangereux où, plus encore que le plaisir, l’enjeu est le plus souvent la domination de l’autre. Répondante : Michela Gardini (Université de Bergame) Deuxième présentation : Susan Hiner (Vassar College) - Behind the seams. Women, Fashion, and Work in 19th-Century France, New-York - Dublin, Bloomsbury, 2023. Behind the Seams se concentre sur les femmes productrices de mode - à la fois ouvrières et bourgeoises - qui ont joué un rôle clé dans l'élaboration de l'économie de la mode en France. Dans la France du XIXe siècle, la mode était un secteur puissant et lucratif qui dépendait de la maîtrise experte des matières premières par les femmes. Le travail délicat des couturières et des modistes produisait des robes et des chapeaux artistiques ; la rhétorique subtile et persuasive des chroniques écrites se transformait en des campagnes de marketing ciblées et astucieuses de produits et de styles de vie ; et la splendeur visuelle stylisée des dessins, gravures, et peintures de mode alimentait un rêve d’ascension sociale qui aboutissait à la consommation. Pourtant, ce système de mode a paradoxalement effacé de nombreuses femmes dont il dépendait. Plutôt que de répéter le récit familier des femmes victimes de la mode, ce livre raconte une histoire plus complexe des travailleuses, des écrivaines et des artistes productives qui ont réussi à agir, à exercer une influence et à mener des carrières actives alors même que leur travail et leur vie étaient occultés par leur mythification dans la culture populaire. Répondante : Elise Bouley (Brown University) --- L’objectif de ce nouveau séminaire organisé exclusivement en ligne par la Société des Études romantiques et dix-neuviémistes est de présenter l’actualité de la recherche dix-neuviémiste dans le monde entier en découvrant, lors de chaque séance, deux publications récentes de différents pays. Ce séminaire bisannuel pluridisciplinaire vise à créer un lieu de discussion et de rencontre pour des universitaires du monde entier, spécialistes du dix-neuvième siècle. Les séances permettront de dresser progressivement un panorama des évolutions contemporaines des approches critiques sur le XIXe siècle, en observant la circulation des courants critiques selon les aires géographiques. Le séminaire s’appuie notamment sur le réseau des correspondants internationaux de la SERD, présents dans dix-neuf pays. Il est ouvert à toutes et tous. Un temps important est consacré à l’échange : chaque ouvrage est présenté en une vingtaine de minutes, suivies de trente minutes de discussion avec les participants du séminaire. La première séance « Littérature et savoirs » a porté sur deux publications récentes issues de travaux menés au Canada et en Suisse. La seconde, sur « La pensée esthétique de Zola », a présenté deux publications de Grande-Bretagne et du Japon.
Nome del contatto: 
Agnese Silvestri
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asilvestri@unisa.it
Segnalato da: 
Agnese Silvestri
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asilvestri@unisa.it
Data di inizio o data limite dell'evento: 
28/05/2025
Città dell'evento: 
en ligne
Tipo di evento: 
Séminaires et conférences
Categoria principale: 
Sottocategoria: 
Parole chiave: 
Roman français XIXe siècle - Mode du XIXe siècle - histoire culturelle
Sito web di riferimento: 

“Ricezione delle letterature europee in Italia. Transizioni, interferenze, generi”. Giornata di studio

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Giornata di studio “Ricezione delle letterature europee in Italia. Transizioni, interferenze, generi” (Bari, 11 aprile 2025)
Venerdì 11 aprile 205 avrà luogo presso l'Università di Bari Aldo Moro la giornata di studio “Ricezione delle letterature europee in Italia. Transizioni, interferenze, generi”. L’evento, organizzato dal CIRM, Centro interuniversitario di ricerca “Forme e scritture della Modernità”, a cui aderiscono le università di Bari Aldo Moro, di Salerno e del Salento intende promuovere, secondo l’apertura interculturale e multilinguistica che caratterizza le sue attività, una riflessione sulla ricezione delle letterature europee in Italia. Il vasto territorio che si propone qui all’attenzione, in vista di una riflessione condivisa, comprende temi da sempre molto dibattuti e presenti nei diversi ambiti degli studi filologico-letterari, linguistici e culturali. Molte sono le domande a cui si mira a rispondere: “che cosa tradurre e perché?”, con un occhio alle politiche culturali ed editoriali ma anche “chi traduce e come?”, con uno sguardo alle norme, modelli e prassi della traduzione letteraria. Si approfondiranno anche le ibridazioni e i passaggi di genere nella ricezione delle letterature europee in Italia. L’incontro non mira all’esaustività ma piuttosto ad indicare delle piste di ricerca sulla scia di casi emblematici o esemplificativi. In considerazione della diversa accezione della modernità nei differenti contesti nazionali, l’arco diacronico del campo d’indagine si estende dal Rinascimento alla contemporaneità. Vi parteciperanno studiosi dalle università di Pavia, Padova, Milano Statale, Bologna, Salerno, Ferrara, oltre che del nostro Ateneo.
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Concetta Cavallini
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concetta.cavallini@uniba.it
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Via Garruba 6, 70121 Bari
Segnalato da: 
Concetta Cavallini
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Data di inizio o data limite dell'evento: 
11/04/2025
Data di fine dell'evento: 
11/04/2025
Città dell'evento: 
Bari
Tipo di evento: 
Colloques
Categoria principale: 
Parole chiave: 
Ricezione letterature Europa Italia

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